Yelena

Chapitre XXVII

La Kasbah

Contrairement aux vents féroces, là brise marine soufflait doucement sur Mogador. C’était l’occasion pour Berthold de faire une ballade avec Rose dans la Kasbah avant son départ pour Casablanca. Il désirait rester seul avec  Rose dans le silence de la kasbah dont il connaissait tous les recoins.

La kasbah est un quartier ancien serti dans un écrin de fortifications. Elle a joué un rôle crucial dans l’histoire de Essaouira. La construction de la kasbah remonte au 18e siècle, lorsque la ville était connue sous le nom de Mogador, dont l’origine  vient du mot phénicien Migdol  « petite forteresse ». La kasbah est entourée d’une muraille de style Vauban. Elle a été construite selon les critères de l’architecture militaire de l’époque en  osmose avec les principes de l’architecture et de l’urbanisme arabo-musulman.  Elle a été érigée par Le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah de la dynastie des Alaouites, pour renforcer la défense de la ville contre les attaques extérieures. Essaouira était un port important pour le commerce maritime entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient.

A Mogador, comme à Casablanca, il régnait une coexistence parfaite d’ethnies diverses. Les Amazighes, Arabes, Africains et Européens ainsi qu’une pratique religieuse multiconfessionnelle.  (musulmans, chrétiens et juifs) qui ne s’opposaient pas. 

L’entrée principale de la kasbah, également connue sous le nom de Bab el Marsa ou Porte de la Marine, se fait par une imposante porte en bois, richement décorée de motifs traditionnels. 

À l’intérieur de la kasbah, on trouve des ruelles étroites et sinueuses, des places ombragées et des bâtiments historiques. Les maisons blanches aux volets bleus, une des caractéristiques de la médina, créent une atmosphère charmante et reposante. C’est à la kasbah d’Essaouira qu’on découvre l’histoire  de cette ville si particulière. La kasbah de Mogador est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui souligne son importance culturelle et historique.

En se promenant main dans la main à travers les méandres de ce lieu romantique propice aux amoureux, Berthold volait des baisers à Rose qui les recevait avec tendresse. Souvent, il y avait un ou deux musiciens qui jouaient de la musique andalouse qu’ils écoutaient assis sur le sol. 

Berthold tirait profit des d’innombrables opportunités de photographie qu’offrait la kasbah, en particulier depuis les remparts et la Skala de la Ville. Les vues sur l’océan, les bateaux de pêche colorés, l’architecture traditionnelle et Rose sur les photos, sont aujourd’hui des trésors familiaux. 

En marchant, Berthold décrivait à Rose les Tours de la Défense construites à intervalles réguliers le long des remparts. Elles marquaient l’aspect défensif de la ville, il lui expliquait l’utilisation des cisternes qui se trouvaient également à l’intérieur de la Skala. Les cisternes recueillaient l’eau de pluie pour la ville. Ces structures souterraines témoignaient  de la nécessité de stocker l’eau dans les régions arides.

La Skala de la Ville est une section spécifique des remparts qui était historiquement utilisée à des fins militaires. Elle abrite des canons qui étaient stratégiquement pointés vers l’océan pour assurer une défense efficace contre les attaques navales. Les canons pouvaient provenir de l’époque de la construction des remparts. D’autres portaient des armoiries, et pourraient être des captures de guerre ou de navires ennemis. Pendant les périodes de conflit, il était courant de récupérer des équipements militaires, y compris des canons, comme trophées de guerre.

Ils servaient aussi comme sièges pour les promeneurs qui s’y installaient pour gouter à la douceur de ce paysage étincelant, à la vue de la mer bleu Klein en cette saison automnale, et à l’odeur iodée de la pêche quotidienne. 

Rose connaissait bien la médina, mais elle ignorait son histoire. Au cours de cette visite guidée par Berthold, elle avait observé et écouté, enthousiasmée par cette redécouverte de sa ville qu’elle racontera tout au long de sa vie. 

La lumière s’estompait lentement derrière la boule de feu à l’horizon. Il était l’heure de rentrer. La famille attendait Berthold pour lui souhaiter un bon retour à Casablanca. Il ne reviendrait pas à Mogador avant le déménagement de Rose et de sa famille, dans quelques semaines. 

Slil

 

 

 

  

   

 

 

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