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Jeu de monopoly mondial

Ce jeu de société consiste à acquérir fictivement des terrains, à y construire des maisons, des hôtels, et à faire payer tous les joueurs qui transitent par le territoire d’un autre joueur. C’est un jeu ludique, basé sur la compréhension de l’économie la plus élémentaire. Au travers de l’achat et de la vente de propriétés, il s’agit de s’enrichir, mais également de ruiner ses adversaires, et de parvenir ainsi au  » monopole » du monde.

Créé en 1903, le jeu a été commercialisé à partir des années 1935, et a rencontré un vif succès international.

Le Monopoly actuel se traduirait ainsi : 

Les Etats Unis possèdent la monnaie mondiale, le dollar. La Russie possède essentiellement des ressources énormes: pétrole, gaz, métaux, céréales…  et la Chine se révèle la principale usine du monde.

L’Europe, ne produit plus grand chose, depuis que l’Allemagne a perdu son statut de puissance économique, le sabotage des pipelines Nord Stream 1 et 2 l’ayant privé de gaz russe acheté à prix raisonnable.

La France, elle, suivait la locomotive allemande et s’accrochait à l’euro. En se désindustrialisant depuis plus d’une quarantaine d’années, la France ne vit que grâce au luxe, au  tourisme, un peu d’agriculture, et d’aéronautique avec  Airbus.

Mettons le pion  » France » sur l’échiquier du monopoly. A chaque tour du jeu, la France devra acheter des dollars, payer son dû aux fournisseurs d’énergie, d’équipements, de produits divers, et s’appauvrira d’autant.

Les comptes du « programme de stabilité » présenté par la France à la Commission Européenne, pour la période 2023- 2027 indiquent :

– une perspective de croissance du PIB moyen de 1,7%

– un solde public moyen de moins 4% du PIB

– un ratio de dépenses publiques moyen de 55%

– une dette publique de plus de 3.000 milliards d’euros, qui se stabiliserait à 109 % du PIB.

Ainsi, l’Etat français indique clairement à la commission européenne, qu’aucune réduction de dépenses n’aura lieu, que les comptes publics continueront de se dégrader, et que seule une augmentation du PIB ( par quel miracle? ) serait de nature à améliorer notre déficit.

Endetté à plus de 110 % du PIB, la France ne peut même pas rembourser les intérêts de sa dette.

Alors que la BCE vient de fixer ses taux de refinancement à 3,5 %, et s’apprête même à les remonter légèrement, la France ne trouve rien de mieux que de s’endetter partiellement à taux variable, en prenant en compte l’inflation. La France semble participer à un jeu de monopoly mondial en cumulant tous les handicaps:

-un taux d’ endettement exorbitant ( 110 % du PIB)

– un déficit public qui s’ aggrave année après années

– des prélèvements obligatoires classés parmi les plus élevés du monde ( plus de 44%).

– enfin une soumission absolue aux règles européennes les plus draconiennes en matière d’élaboration du prix de l’énergie, de mesures et de normes en faveur du climat. 

Combien de  » tours de pistes » la France pourra- t- elle encore faire à ce jeu de monopoly mondial ?

La réponse ne dépend pas de la France, mais de ses créanciers. Qui prêtera 200, 300, 400 milliards d’euros  chaque année à la France, pour qu’elle puisse jouer à faire un tour de plus?

Les plus grands pays créanciers du monde, le Qatar, l’Arabie Saoudite, le Japon, la Chine, la Russie, ne seront plus disposés à financer les déficits de la France depuis qu’elle a aveuglément suivis les Etats Unis dans application des sanctions contre la Russie, et notamment le  » gel », ou plutôt la confiscation des avoirs de la banque centrale russe, et de certains ressortissants russes. 

Ces pays n’auront nulle envie de confier leur argent à la France qui n’hésitera pas, le cas échéant, à leur confisquer leurs biens en cas de désaccords politiques.

La situation de l’Europe se dégrade, celle de la France est en perdition.

Seules des agences de notations de moins en moins crédibles pourront donner le change, en dotant la france d’une note AA  malgré des perspectives négatives.

Chanoine

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