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15 avril « JAZZ » à Strasbourg

La cité de la musique et de la danse de Strasbourg (on disait autrefois de façon moins pompeuse le Conservatoire) a organisé, du 11 au 15 avril, une série de concerts de « Jazz ». 

La plaquette de présentation nous a donné le ton général de ces manifestations musicales :

PRINT du saxophoniste Sylvain Cathala, créateur de musique contemporaine, compositeur d’une musique organique et expérimentale, improvisations follement débridées … 

JAZZ MIGRATION : Mamie Jotax : Deux saxophonistes : …nouveau folklore imaginaire…  Ishkero quintette : aux confins de la fusion et du rock progressif … 

Halés quartette :  Liens avec la chanson et la poésie… et enfin Noé Clerc trio, qui comprend  un accordéoniste (un instrument impropre au jazz, utilisé par deux ou trois musiciens en un siècle de jazz).

Proposer ce type de musique sous l’étiquette jazz est une « tromperie sur marchandise », qui est sanctionnée dans le commerce par le service de la répression des fraudes !  

Le 15 avril, jour de clôture, trois prestations de Big Bands sont annoncées : le BBB (Big Band de Bischheim), celui du Conservatoire et de la Hear et le Big Bog dirigé par Franck Quevedo. Ce dernier orienté vers le Funk Jazz avec un répertoire des Stevie Wonder et autres Electro Deluxe. De mémoire Electrolux était une marque d’aspirateur. 

Jazz rock, jazz fusion, jazz funk, à quand le jazz schnokeloch ? On comprend l’absence des amateurs de jazz à ces concerts. Comme l’entrée était gratuite, l’auditorium a fait néanmoins salle comble, ne serait-ce que pour se réchauffer. 

Mais revenons au jazz. Le BBB est un bon orchestre régional composé de musiciens amateurs (amateurs : qui ne vivent pas de la musique) de haut niveau. Le répertoire reprend en partie celui du concert de fin 2022 à Bischheim, avec quelques ajouts, comme par exemple une composition de Charles Mingus particulièrement difficile quant à sa lecture et mise en place. 

Les musiciens ont joué « les fesses serrées » devant les difficultés de cet arrangement ; ce qui nuit au son d’ensemble et provoque une certaine froideur dans l’exécution. Ne vaut-il pas mieux choisir des mélodies plus chantantes, plus riche harmoniquement du répertoire de Mingus et plus facile d’accès comme par exemple le magnifique Duke Ellington’s Sound Of Love ?

 Aujourd’hui la priorité est donnée à la technique pour prouver la compétence au détriment du son et de l’émotion. Un important travail reste à faire au chef Nicolas Allard : celui du « sound » et du « feeling » d’un big band. De bonnes et courtes interventions des solistes : Claude Baehr, Guillaume Nuss, Stéphane Nicolas dans le contexte d’un orchestre sans motivation. Bonne prestation sans âme. On reste sur sa faim.

Le Big Band du Conservatoire et de la HEAR (?) est une formation d’une vingtaine d’élèves, dont l’âge moyen ne doit pas dépasser la vingtaine d’années. Il faut rendre ici hommage non seulement à l’orchestre, mais également à Michael Alizon pour son excellent travail d’enseignant. Il a su leur inculquer la rigueur et l’esprit du jazz. Bravo Michael. 

De ces jeunes musiciens talentueux, deux étudiants sont particulièrement prometteurs : un sax-alto à la chemise rouge et le premier trompette. Ils ont non seulement assuré dans les ensembles, mais ont fait preuve de maturité dans la construction de leurs interventions comme solistes. 

L’orchestre a accompagné deux chanteuses : Yuliia Vydovska, De formation classique et remarquable technicienne, elle n’a rien d’une jazzwoman et sa prestation fut sans feeling et d’une froideur propre aux slaves et aux asiatiques, qui interprètent le jazz. Son scat fut lamentable. Elle devrait écouter les grands du scat : Eddie Jefferson, Joe Carroll, King Pleasure, Dizzy Gillespie, ainsi qu’Ella Fitzgerald.  

L’autre chanteuse, Jzzzel n’a pas l’acquis de la première, mais sa voix chaleureuse et la pulsation de ses vocaux s’inscrivent dans la tradition. Son swing et les intonations de sa voix rappellent la célèbre Dinah Washington.

Pour conclure, le jazz d’aujourd’hui a perdu sa spécificité. Les grands créateurs ont quitté ce monde et la musique actuelle n’est qu’un pâle reflet de ce jazz disparu.

Cole Porter

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