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Deutschland unter alles

Il y a une manie assez répandue chez les frontaliers, mais également chez bon nombre de français « de l’intérieur », consistant à passer une bonne partie de leur temps à lorgner par-dessus le Rhin pour constater de leurs yeux ce qu’ils espèrent dans leur cœur : « en Allemagne, c’est toujours mieux »

Certains vont même jusqu’à suggérer que si ces andouilles d’Alsaciens avaient moins résisté en 40, ils seraient aujourd’hui bien mieux organisés, ils ne subiraient pas ce foutu bordel si français. Ils bénéficieraient ainsi des mânes du fameux Reich de mille ans. Ordnung ist Ordnung! (L’ordre c’est l’ordre).

Nos voisins n’ont pas ce genre de préoccupations;  il ne leur vient jamais à l’idée de regarder par-dessus la frontière pour voir si c’est mieux ailleurs, puisque ce n’est pas possible. La «Deutsche Qualität » est indépassable. Le fait que les «belles allemandes» (celles avec des gros pneus) soient parmi les dernières dans les classements de fiabilité ne perturbe pas le moins du monde la race supérieure. L’imperfection fait partie de la perfection allemande, qu’on se le dise.

En comparant la balance commerciale allemande à la nôtre, on a les yeux qui piquent, certes. Sauf qu’en regardant les choses d’un peu plus près, notamment les conditions et le coût de la réunification, le bilan n’est pas aussi brillant qu’affiché. Nous aurons l’occasion d’y revenir un de ces jours.

Quand le Covid les rattrapa après qu’ils se crurent épargnés car « tellement mieux organisés », les allemands firent… dans l’Allemand, le pur, le vrai, l’infaillible qui sait tout, le bon aryen qui fait tout dans les règles.

Si les germanolâtres français ont la mémoire courte, il n’en est pas de même Outre-Rhin ; la crise du covid nous l’a rappelé assez crûment : les travailleurs transfrontaliers français ont encore du mal à s’asseoir après ce qu’on leur a fait subir de « l’autre côté »: test PCR à chaque passage de frontière, dans les entreprises : horaires différenciés (en général la nuit pour les français), toilettes séparées, repas séparés, insultes, moqueries, etc…. Le fin du fin fut atteint quand des retraités allemands ont installé leurs chaises pliantes sur les parkings des supermarchés pour dénoncer à la police les misérables alsaciens qui venaient faire leurs courses en Allemagne malgré l’interdiction. Ah, nostalgie, quand tu nous tiens!

Comme en 40, la seule chose qui intéresse les allemands c’est eux-mêmes. Et ceux qui s’imaginent que, depuis, leurs desseins ont changé, se mettent le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

La mentalité vert-de-gris n’est pas enfouie très profondément, il suffit d’un rien pour la voir resurgir. Une Allemagne qui, après avoir acheté des F-35 américains, décide d’investir 100 milliards d’euros dans son réarmement, devrait tout de même aider les germanolâtres à réfléchir, à moins que l’amour pour les casques à pointe soit absolument « über alles » … Pour un Allemand, l’Europe ne peut être qu’allemande. Il vaudrait mieux s’en souvenir.

O.T.

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