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Jeu et enjeu du gaz russe

Le 26 avril 2022, la Russie annonce interrompre ses approvisionnements de gaz à la Pologne et à la Bulgarie. Ces deux pays ayant clairement indiqué qu’ils refusaient de payer le gaz russe en roubles, la Russie a décidé de ne plus leur livrer de gaz. 

Des roubles sinon rien

Les européens viennent enfin de comprendre que l’on ne peut pas à la fois bloquer les comptes d’un pays (en euros et en dollars), et en même temps lui demander de fournir des matières premières.

Les Russes font comprendre qu’ils vont désormais se passer de dollars et d’euros, puisqu’on les empêche de s’en servir. 

Le seul moyen de paiement pour leurs produits sera le rouble ou l’or le cas échéant. Or, les pays européens n’ont pas de roubles. Il faudra donc en acheter, ce qui renforcera la valeur internationale du rouble.

Cette décision de mettre fin à la livraison de gaz constitue une escalade majeure du conflit économique qui a éclaté, parallèlement au conflit militaire entre la Russie et l’Ukraine, en représailles à la volonté croissante de l’Occident de livrer des armes à l’Ukraine.

La récente décision du (26 avril 2022) prise par l’Allemagne de fournir pour 2 milliards d’euros d’armement à l’Ukraine, (dont des chars), va singulièrement compliquer les relations entre l’Europe et la Russie.

La situation peut vite dégénérer. Et s’il devait y avoir une rupture de l’approvisionnement de gaz russe à l’Europe, l’économie allemande (la plus forte économie d’Europe), celle-ci ralentirait de façon brutale, entraînant toute l’Europe vers une récession.

Volonté de l’Occident de livrer des armes à l’Ukraine

L’Europe se laisse entraîner dans cette situation conflictuelle par les Etats Unis. Ceux-ci n’ont pour objectif que d’affaiblir le plus possible la Russie (dixit Lloyd Austin, ministre de la Défense des Etats Unis). Et si l’Europe est affaiblie à son tour, cela ne posera aucun problème aux Etats Unis.

Une Europe affaiblie n’aura pas d’autre choix que d’acheter des armements, du gaz (de schiste) et du pétrole (de schiste) aux Etats Unis, de payer en dollars au prix fixé par les américains, et de poursuivre ses relations de dépendance avec les Etats Unis.  

La coupure de gaz russe à la Pologne et à la Bulgarie est un avertissement pour toute l’Europe.

Cela annonce une lente, mais inexorable diminution du niveau de vie des européens (énergie plus rare et plus chère, inflation plus forte, chute de la valeur de l’euro), et une première étape vers la disparition de l’Europe politique et économique.

Conséquences pour la France

Lorsque le prix de l’énergie augmente (pétrole, gaz, charbon), et lorsque nous le payons en dollars, notre balance commerciale s’aggrave. Sur le plan individuel, notre pouvoir d’achat baisse. Cela est équivalent à une augmentation d’impôts donc à une baisse équivalente de notre pouvoir d’achat.

L’augmentation du prix de l’énergie se traduit par contre par une augmentation des recettes de l’Etat (taxes sur les produits pétroliers, t.v.a.), et par une augmentation de la valeur ajoutée des pays fournisseurs d’énergie  (Russie, Qatar, Arabie Saoudite, Algérie).

Cette baisse du niveau de vie sera d’autant plus profonde que nous ne pourrons plus payer en euros, puisque les russes exigeront d’être payés en roubles (ou en or), et que l’Arabie Saoudite, le Qatar, Algérie, exigeront d’être payés en dollars.

Or, l’euro vient de subir une baisse considérable par rapport au dollar. Depuis le 1er janvier 2022, la baisse est de l’ordre de 13 % (actuellement 1 euro ne vaut plus que 1, 05 dollar).

Si le taux de rémunération des dettes venait à augmenter (pour l’ instant la BCE le maintient le plus près possible de 0 %), non seulement la dette des ménages et des entreprises s’envolerait, mais également celles des états. Or la France est endettée à hauteur de 3.000 milliards d’euros. Si les taux ne remontaient que de 1%, cela se traduirait par près de 30 milliards d’euros d’intérêts de plus par an, à terme.

Récession inévitable

Comme nous allons (de toute évidence) rentrer en récession, notamment à cause de la hausse des prix de l’énergie, mais aussi par l’effet d’une impression monétaire gigantesque (quantitative easing de la BCE), il est à craindre que les recettes de l’Etat ne s’écroulent alors que les dépenses s’envoleront.

Avoir abandonné des contrats de livraison de gaz, de pétrole et de charbon russe à long terme, exprimés en euros et à un coût relativement modéré, pour les remplacer par des contrats conclus dans l’urgence, à des coûts plus importants, et nécessitants des surcoûts liés aux infrastructures, ( méthaniers, usines de traitement du gaz liquéfié), est un acte d’irresponsabilité de la part de nos dirigeants français et européens.

Notre déficit extérieur va exploser alors que nous aurons à gérer une économie en chute libre, une inflation de plus en plus forte, et une monnaie en baisse.

Jamais l’Europe ne s’est trouvée dans une telle position de faiblesse face à d’ autres continents.  L’Europe n’aura jamais été autant  » vassalisée » par les Etats Unis. La France, et l’Europe, ne se sont jamais retrouvées dans une situation d’ endettement aussi excessif, avec une inflation aussi forte et une monnaie faible.

Inconscience ou amateurisme ?

Au nom d’un soutien inconditionnel à l’Ukraine, alors que nous ne sommes pas en guerre avec la Russie, les pseudos sanctions contre la Russie vont se traduire par un appauvrissement généralisé de toute la population.

Quel homme politique en parle? Quel homme politique propose une vision du pays et de l’Europe d’ici 5 à 10 ans?

Soit nos  » politiques » sont conscients des problèmes qui nous guettent,  et ils nous mentent, soit ils n’en sont pas conscients, et dans ce cas, ce sont des amateurs qui entraîneront le peuple vers des situations inextricables.

A ce rythme, les conséquences seront très graves, notamment pour les jeunes, qui seront tributaires des choix  des américains, des chinois, ou des russes.

Chanoine

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