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Les oubliés de la covid 19

Les veuves et les veufs oubliés

Personne n’en a jamais parlé. Ils continuent le chemin seuls avec leur chagrin et le sentiment d’avoir été les victimes d’un pillage affectif. 

On leur a interdit d’approcher l’hôpital, on a parfois laissé mourir volontairement les malades, des « trop vieux », des « plus bons à rien ». On leur a interdit de les enterrer, et on les a incinéré  d’office, sans la moindre cérémonie. 

On a laissé la souffrance briser les cœurs, et les tourments, envahir les âmes de ceux qui n’ont pas été autorisés à tenir la main de leurs malades aux derniers moments de leur vie. 

Ceux qui sont restés sont blessés pour l’éternité. Les hôpitaux, le gouvernement, les fonctionnaires, les chercheurs, tous ces salauds leurs ont volé leurs morts.

 Dans cette guerre contre la Covid 19, un nouveau monde s’est installé. Rien ne sera plus jamais comme avant. L’homme est devenu un chien. Les maîtres chiens ont traité les victimes comme des chiens.

Je suis une de ces femmes qui continue de vivre et qui ne veut pas qu’on l’oublie. Depuis qu’il n’est plus là… je me suis posée dans ses  yeux pour lui apporter l’espoir, la paix, la joie même, comme un doux printemps qui renaît…

Je me suis posée auprès d’un nouveau né, pour écouter le souffle de sa vie, ses bruits, ses sourires, autant de promesses de poursuivre le chemin.  

Je me suis reposée à l’intérieur de mes mots pour qu’ils me disent, qu’ils m’expliquent, qu’ils m’aident à comprendre et à croire que tout peut reprendre et continuer.  

Je me suis posée au fond de moi même pour analyser, pour déchiffrer l’indéchiffrable, pour tenter d’édifier une vie qui tienne debout, malgré tout ce qui est cassé et que rien ne pourra recoller. 

Je me suis posée sur un banc, pour explorer le jardin de ma vie, pour en tirer de la force,  pour lui demander  d’espérer. Pour lui demander de m’aider à vivre tout simplement,  avec LUI, mais sans LUI.

Klara

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