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La ronce et le noisetier

« Un jour, je me suis avoué vaincu. En cette fin d’année 2021. J’ai renoncé à mon lieu de cœur, la vallée de la Bruche, à mes relations des naufragés du comptoir, à ma vie publique. Je suis alors allé dans la forêt pour parler avec Jean Michel une belle personne un grand sage avec son tambourin amérindien. »

Un récit de barde

Tous deux, adossés aux troncs de deux hêtres plus que centenaires, nous échangions nos pensées en partageant pain, saucisson et fromage accompagnés d’un breuvage des vignes Bacchus, un côte du Rhône à se faire bannir du paradis, répondant au doux nom « L’élémentaire ». Nos propos prirent le chemin d’un récit allégorique. 

Marcello:  Peux-tu me donner une bonne raison de ne pas m’avouer vaincu ? 

Jean Michel : Regarde autour de toi, vois-tu cette ronce et ce noisetier ?

Lorsque j’ai semé les graines de ronce et de noisetier, j’en ai bien pris soin. 

La ronce a grandi rapidement. Son vert brillant recouvrait le sol, ses tiges et ses épines se sont très vite développées, mais je ne voyais aucun signe de vie des graines du noisetier. Je n’ai pas renoncé au noisetier.

La deuxième année, la ronce grandissait de plus en plus brillante et abondante, il y avait même des mûres, rien ne poussa des graines de noisetier. Je n’ai pas renoncé au noisetier.

La troisième année, toujours pas de nouvelles des graines de noisetier. Je n’ai pas renoncé au noisetier.

La quatrième année, la ronce est devenue un joli arbrisseau aux milles mûres,  mais toujours le même mutisme des graines de noisetier. Je n’ai pas renoncé au noisetier. 

La cinquième année, une petite pousse de noisetier sortit de la terre. En comparaison à l’arbrisseau de ronce, ce n’était qu’une insignifiante petite  mouture de noisetier.

La sixième année, le noisetier grandit jusqu’à plus de 5 mètres de haut. Il avait passé cinq années  à fortifier ses racines pour le soutenir. Ces racines l’ont rendu plus fort et lui ont donné ce dont il avait besoin pour vivre. Et il était plus grand, plus puissant que l’arbrisseau de ronce.

Sais-tu que durant tout ce temps que tu as passé à lutter, tu ne faisais que fortifier tes racines pour les aider à pousser ?  Le noisetier a une fonction différente de la ronce, cependant, les deux sont nécessaires pour faire de cette forêt un lieu magnifique.

Ne regrette jamais un seul jour de ta vie. Les bons jours te rendent heureux. Les mauvais jours te donnent de l’expérience. Les deux sont essentiels à la vie. Le bonheur te rend doux. Les essais te rendent fort. Les peines te rendent humain. Les chutes te rendent humble. La réussite te rend brillant. Si tu n’obtiens pas ce que tu désires, ne désespère pas. Qui sait, peut-être que tu es juste en train de fortifier tes racines. Ainsi parla le Sage. 

Une belle leçon à méditer 

Le sage nous enseigne que la patience et la volonté sont deux forces de la sagesse. Nous vivons au rythme de l’hyper activité, quelles que soient nos activités, nous ne pourrons jamais  nous soustraire aux rythmes cycliques de l’univers. 

Nous devons prendre conscience que nous ne sommes pas des observateurs ni des touristes de la nature, mais que nous faisons partie intégrante de cette nature. L’arbre ou la plante ont pour rôle de nous rappeler le mouvement des saisons.

Nos anciens l’avaient bien compris, eux qui considéraient le temps comme cyclique et non linéaire, nous ramenant ainsi à l’inspiration des mouvements de la vie. Nous faisons partie d’un ensemble cosmique qui nous berce au rythme des saisons. Nous avons souvent tendance à l’oublier en pensant que nous sommes seuls au monde. 

Imbolc

Les Celtes célébraient plusieurs cérémonies dans l’année. Elles leur permettaient de se relier à ces rythmes naturels, notamment à chaque solstice ou équinoxe. « Imbolc », équinoxe de printemps, est la première fête celtique de l’année. On chasse les mois de nuit profonde, le soleil se lève plus tôt, les jours rallongent. Selon la tradition, Imbolc se fête en février, certains disent que c’est le 1er février à la chandeleur, d’autres disent que c’est à la fin du mois. 

Pour ma part, je fête Imbolc après une belle journée ensoleillée fin février, ou au début du mois de  mars, à la lisière d’une forêt, où il y a un champ vaste devant moi. Je prépare des disques en paille circulaire.  A la tombée de la nuit, je mets le feu à ces disques et je les jette dans le champ. Les Celtes fêtaient la purification et la fertilité après les mois noirs, en allumant des disques de paille pour chasser le passé.  

Le saviez-vous, à la chandeleur on fait sauter les crêpes, cette tradition a pour origine Imbolc, la crêpe circulaire symbolise un soleil que l’on jette en l’air pour nous attirer les bonnes grâces de la prospérité. 
Marcello le barde du Guirbaden

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