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journée internationale des femmes

À l’occasion de la journée internationale des femmes, Le Torchis à donné la parole aux femmes. Voici quelques textes empreints de douceur, même lorsque les femmes ont subi la violence verbale ou physique, lorsqu’elles ont été bafouées, ou humiliées.  Elles ont été au-delà du courage, elles ont quitté la hargne et la folie. Elles ont eu le courage de tout recommencer pour gagner leur liberté, pour donner l’exemple à leur filles, pour témoigner que rien n’est impossible, et que le bonheur est toujours au bout du chemin. Elles sont restées dignes, belles, sexy, drôles, divines.  Merci à ces femmes courageuses, douces, humaines. Extraordinaires.

Vis ta vie

c’était un jour de pluie

« C’était un jour de pluie. Je l’aimais tant ! A tout lui donner ! »  Voilà une histoire dramatique, une descente aux enfers, une chute d’une cruelle banalité comme il y en a tant malheureusement.  

En la publiant in extenso, nous ne cherchons pas le sensationnel. Nous ne sommes pas à la recherche des failles d’une vie. Mais plutôt de ce qu’elle détermine : l’envie folle de s’en sortir. de se sauver.  Et aussi parce Nat est une belle personne… comme le prouve son « shooting », comme elle dit. La beauté comme un sursaut face aux ténèbres est au bout du chemin. Puis tout au bout, il y a  la lumière. L’amour… à fleur de vie. 

Le fond

Le 31 janvier 2019, je touchais le bas du bas du fond. Ce n’était pas la première fois, celle où on se dit « cette fois c’est fini ! ». Mais là, on ressent une solitude totale quand pour survivre on se voit faire « clic » sur la touche RSA, on se sent décomposée quand la CAF vous demande si vous épargnez, alors qu’elle défalque allocations, bourses et soi-disant épargne ! 

Comment épargner quand on vit avec deux enfants adolescents et les deux autres encore étudiantes, boursières ? Donner 50 € en plus est tout un savant calcul, et c’est une facture qui ne sera pas honorée. Avec 500 € tout compris, quand on est cinq, les petits riens, les amis, on oublie.

Aujourd’hui, une succession de sourires : ceux promis par la vie, avec ma microsociété, mon métier retrouvé après vingt-deux ans sans pratiquer, magnifique challenge pas si facile, ma volonté, mes passions. Heureuse, j’arrive enfin à me retourner sans pleurer. J’ai décidé de rompre mes silences de treize ans de calvaire.

Aujourd’hui : c’est sereine que je partage ces quelques mots et le chemin que j’ai fait, toute seule !

Aujourd’hui, avec pudeur et détermination, j’ai décidé de ne plus me taire. Treize années murées dans un silence dévastateur : je le romps, dans l’espoir d’une reconnaissance à victime par l’écriture. Il n’y a pas plus belle façon pour moi, sans impliquer qui que ce soit, même mon bourreau. A lui de porter ces actes un jour. 

Une reconnaissance si importante pour moi pour ne plus me retourner. Et un témoignage pour dire, si une femme dans cette situation me lit, « surtout n’entrez pas dans ce silence, ne vous posez pas de question, appelez les secours. Je vous parle des gendarmes ou le 15, portez plainte, faites les examens et constats si difficiles et injustes mais qui ne briseront pas treize années de votre vie et celles de vos petits si vous en avez ou pourriez en avoir. C’est si important pour se donner le droit de vivre et non survivre. »

@NathAlie

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Des caresses qui deviennent les gifles

Des amours, des enfants, le travail, la maladie, la mort puis la solitude. Nul n’est à l’abri d’expérience douloureuse. Rien ne peut effacer une douleur immense, profonde, insupportable. Elle devient démesurée, colossale lorsque les rats quittent le navire et vous laissent seule avec votre détresse.   

Il y a des peines  qui marquent  la peau comme un tatouage irréversible. Selon l’intensité des remous de la vie, la douleur devient une compagne quotidienne, mais surtout  une leçon de vie. Elle nous apprend à mieux nous aimer, à ne plus tolérer la violence des mots ou des gestes. 

Peu à peu, des mers de larmes nettoient les caves de nos âmes, et nous font sortir du cauchemar. Nous apprenons à nous défaire des contraintes familiales, amicales, amoureuses, nous apprenons à réduire voire éliminer les obligations, les devoirs, autant de temps que nous nous sommes confisqués au profit des autres. 

La douleur, lorsqu’elle atteint le plus profond de nous-même, nous apprend à nous relever, doucement, jusqu’à la redécouverte d’un monde oublié. Les bruits, les rires, les voix, la tendresse, l’amour reprennent tout doucement leur place. Soudain, s’impose le  choix de notre propre vie, de notre libre arbitre qui faciliteront notre reconstruction. 

Une atmosphère de douceur et de bienveillance s’installe, nous chassons enfin les laveurs de cerveaux, les mauvais génies, les venimeux, les malfaisants. Il faut se relever, faire face et avancer.  

Je n’avais pas le droit de me payer le luxe du désespoir ni de supporter les personnes qui voulaient m’y plonger. 

Je me suis éloignée de ceux qui donnent aussi facilement les caresses que les gifles. Je suis enfin libre.

Klara

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