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Le coût du pessimisme

Une fois élu, le prochain président de la République devrait commander un audit sur le coût financier du pessimisme. Oui, il devrait clairement poser la question à Bercy de savoir combien coûte à la France d’être pessimiste.

Lorsque, plein d’entrain, vous allez voir un banquier ou un investisseur avec un projet, et qu’il vous dit « non », combien cela coûte-t-il en termes d’emplois, de productivité, de compétitivité, de dynamisme ? Combien d’entrepreneurs, de scientifiques, d’inventeurs ou de créateurs ont quitté le pays du fait de la multiplication de ces « non » qui n’y croient pas, qui considèrent une ambition comme non viable ?  Alors que dans un pays anglo-saxon, on leur aurait peut-être répondu « oui ».  

Pire, si vous franchissez quand même la barrière du non, et que votre projet semble réussir, vous butez sur la vindicte populaire. Combien de personnes successful sont traînées dans la boue dès leur éclosion considérée comme socialement insupportable ?

Couper les têtes…

D’où cela provient-il ? Si nous devions effectuer une psychanalyse à deux sous − soit dit en passant, la psychanalyse à deux sous est un courant tout aussi efficace que la jungienne, la lacanienne, la freudienne, d’ailleurs des psychanalystes devraient s’en réclamer, inscrivant sur leur plaque « Ici psychanalyste à deux sous » (en respectant le montant). J’ai perdu le fil, où en étais-je ? Ah oui, d’où cela vient-il ? 

Cela vient de 400 années d’Ancien Régime qui ont traumatisé la France. Quatre cents ans de privilèges affichés, d’injustices, de lois considérées comme arbitraires qui ont abouti à la décapitation du roi. C’est tout de même fou d’aller jusqu’à couper la tête d’un roi. Et cela explique pourquoi aujourd’hui, dès qu’une personne sort du lot, on veut inconsciemment la « couper » quelle que soit la nature de sa réussite, sportive, artistique, politique, scientifique ou financière.

… ou préserver la couronne

Pour se garder d’un tel réflexe, la Révolution aurait dû déboucher sur une monarchie parlementaire, préservant une couronne symbole de conte, de rêve et de qualité à l’exemple des autres monarchies européennes. A défaut de quoi, nous avons en France un coefficient de rayage de belles voitures certainement plus important qu’au Danemark, au Royaume-Uni, en Belgique, en Suède et même en Espagne, pays pourtant plus vulnérable économiquement que le nôtre… 

Quoi qu’on en dise, la permanence d’une monarchie millénaire cautérise bien des plaies. Le rêve réduit l’envie, la jalousie, le pessimisme et décomplexe la réussite. Ce 21 janvier 1793, qui a vu jeter un roi sans tête dans une fosse commune, a profondément modifié le destin du pays. Jusqu’à sanctionner, bien des années plus tard, le moindre jeune (diplômé ou non) qui cherche à éclore.

Mandrake

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