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Tu me manques partout

Tu me manques partout, dans la foule, dans la lumière,

Je te retrouve en filigrane derrière chaque frontière.

Le monde entier me parle de tes pieds sans même te nommer,

Comme un secret obstiné qui refuse de crever. 

Je crois que l’amour est la plus étrange des folies,

La moins sage aussi, la plus douce des manies.

Rien de cartésien, un cœur qui pue la folie,

Et pourtant c’est sa logique qui nous façonne.

Les autres me renvoient à toi par un jeu de miroirs,

Mais aucun ne sait porter ton pull noir. 

Et je t’en veux un peu, dans mes nuits de porcelaine,

De ne pas m’avoir choisie avec mes rengaines.

Je t’en veux pour les baisers jamais venus,

Pour ces printemps suspendus, ces possibles perdus.

Car l’amour, c’est rire ensemble avant même les mots,

C’est trouver dans un silence un éclat de sanglots.

Et ceux que je rencontre ont peut-être mille atouts,

Mais leur humour me paraît loin de nous.

L’amour est une sape qu’on ne porte qu’à sa taille,

Et leurs mains offrent ce que mon âme refuse et bâille.

Je marche avec ton ombre au bord de mes saisons,

Toi, l’absence qui habite encore mes raisons.

Et s’il fallait une preuve que l’amour rend un peu fou,

C’est que je vois ton putain de visage partout.

Martine Benz®️

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