Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

L’Europe cauchemar ou tintamarre

Le projet présenté aux Européens, en 1992, avait fière allure et se présentait comme une Europe forte, ambitieuse, puissante, faisant jeu égal avec les États-Unis, loin devant les pays asiatiques.

Une Europe de paix et de prospérité.

Une Europe unie par les mêmes règles, une même fiscalité, une même monnaie pour certains pays. Une Europe parlant d’une même voix sur le plan international.

Bref, une Europe phare et modèle pour le monde entier.

Cette Europe-là, les Européens en ont rêvé et ont apporté leur ralliement à ce qui semblait être une construction respectant les particularités de chaque pays, tout en se fixant des objectifs communs en matière de politique industrielle, commerciale, technologique et climatique.

Mais le décalage entre le rêve et la réalité s’est constamment élargi, au point que les Européens ne reconnaissent plus leur projet.

Les élus, d’abord, qui, pour l’essentiel, sont des apparatchiks recyclés par leur pays d’origine et qui, à de très rares exceptions près n’ont pas d’envergure européenne ou mondiale.

Les organes dirigeants ensuite, choisis essentiellement sur un critère d’acceptation de l’hégémonie américaine et allemande.

Les technocrates enfin, qui n’ont de comptes à rendre à personne et qui embarquent l’Europe dans la destruction de l’industrie automobile européenne en exigeant la mise en circulation de voitures électriques sans s’apercevoir que l’Europe n’a ni les matériaux pour les construire, ni les batteries, ni suffisamment d’énergie électrique « propre », ni les infrastructures permettant de les recharger.

Quant aux orientations politiques, elles sont aux mains des décideurs américains et des différents lobbies professionnels de tous bords.

Pas un seul secteur d’activité n’échappe à leurs règles.

L’Europe est devenue un « patchwork » n’ayant ni cohérence, ni vue d’ensemble, ni plan stratégique à long terme.

L’Europe est devenue une hydre, manœuvrée tantôt par Mme von der Leyen, qui échappe à toute investigation portant sur une éventuelle corruption ou prise d’intérêts lors de l’acquisition des vaccins liés au Covid, tantôt par les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de la Pologne, de l’Italie ou encore des pays baltes.

Quel est le plan de développement de l’Europe en matière d’énergie, d’agriculture, d’industrialisation et de reconquête des marchés américains et asiatiques ?

Quant à nos orientations militaires, elles sont dictées par les Américains, directement ou via l’OTAN, ainsi que par la participation financière, militaire et logistique au soutien de l’Ukraine, l’un des pays les plus corrompus du monde.

Dans le domaine économique, c’est de plus en plus la Chine qui fixe les règles et assoit sa domination grâce aux terres rares, aux batteries électriques et aux panneaux solaires.

Dans le domaine de l’énergie, l’Europe a eu l’idée saugrenue et suicidaire, de se couper de son approvisionnement russe, tant en pétrole qu’en gaz, tout en acceptant d’acheter du pétrole russe transitant par l’Inde.

Quant au gaz, l’Europe l’achète désormais aux États-Unis et le paie trois fois plus cher.

La réticence de l’Allemagne à contrer la politique commerciale prédatrice de la Chine a entraîné l’Europe à adopter des réactions mièvres à son égard.

Par ailleurs, l’Europe a déployé des ressources considérables pour soutenir l’Ukraine, lui fournissant une aide financière, militaire et logistique de plus de 200 milliards d’euros, sans compter 90 milliards supplémentaires qui pourraient encore être versés dans les années à venir.

Quant à ses relations avec les États-Unis, l’Europe a honteusement souscrit à des droits de douane jugés par certains comme inégalitaires en faveur des États-Unis.

Mais il est vrai que l’Europe dépend largement des États-Unis en matière financière, puisque ceux-ci peuvent, d’un trait de plume, lui interdire l’utilisation de systèmes essentiels comme SWIFT, Mastercard ou Visa. Il n’existe pas de véritable solution européenne à ce problème.

Quoi que l’on ne veuille pas l’admettre officiellement, l’Europe demeure un continent largement dépendant des États-Unis.

En rompant avec la Russie et en faisant semblant de s’impliquer dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran, l’Europe ne peut pas jouer le rôle de médiateur, ni en Ukraine ni au Moyen-Orient, et abdique sa place de continent leader.

Comme pour les clubs de football, seuls les clubs de première division comptent.

Malheureusement, l’Europe ne joue plus en première division.

Le retour au premier rang supposerait un changement considérable ; changer les dirigeants, réformer la technostructure européenne et fixer de nouvelles règles.

Qui en sera capable ?

Chanoine

Partager cet article :

Facebook
Twitter
LinkedIn