Pendant six ans, Jeanne Barseghian a administré Strasbourg comme on administre un laboratoire idéologique : sans écoute, sans empathie, sans respect pour ceux qui vivent et travaillent dans la ville. Elle a développé des interdictions en rafale, elle a ignoré les réalités sociales, elle a imposé un dogmatisme vert sur une la ville.
Sous son mandat dictatorial, les Strasbourgeois ont été infantilisés, culpabilisés, bridés. Les commerçants, automobilistes, classes moyennes ou les habitants des quartiers ont été laissés à l’abandon.
Et soudain, le masque tombe.
Sur scène, Jeanne Barseghian, hilare, décontractée, “rock and roll”, chante et se trémousse au rythme de la musique Résiste avec Marine Tondelier. Comme si elle n’avait pas passé un mandat à faire exactement l’inverse : écraser toute résistance locale, ignorer toute contestation, verrouiller tout débat.
Cette scène révèle que Jeanne Barseghian n’a jamais vraiment dirigé Strasbourg. Elle l’a eu l’ordre de l’occuper, d’appliquer les ordres de ses chefs, et d’obéir.
Le pouvoir n’était pas entre les mains de l’apparatchik verte, mais entre les mains du parti. Et lorsque la patronne nationale débarque, la hiérarchie s’affiche sans pudeur. La cheffe parle, la maire sourit, et tous les élus s’écrasent. Personne ne moufte plus. Le centre décide, et la périphérie exécute.
Quant à Marine Tondelier, sa présence parachève le mépris. Elle ne vient pas soutenir une ville, elle vient adouber une fidèle. Peu importe les dégâts, la fracture avec les habitants. On chante, on communique, on se congratule entre soi pendant que la ville s’écroule .
Résiste, vraiment ?
Résister à qui ? Aux Strasbourgeois qui demandaient de la sécurité ? Résister aux commerçants étranglés ? Résister aux habitants qui refusaient l’idéologie punitive ?
La vérité est plus cruelle. Ce mandat n’a pas été gouverné pour Strasbourg, mais contre Strasbourg, et ce karaoké n’est pas une fête. C’est un aveu de mépris. Et d’imposture.
Mépris des habitants
Parce qu’il faut un sacré culot pour chanter Résiste quand on a passé six ans à ne jamais écouter, à écraser toute contestation, à gouverner contre le vécu quotidien des Strasbourgeois. Ce karaoké dit que leur colère, leurs difficultés, leurs alertes ne comptaient pas.
Aveu d’imposture
Cette scène révèle une maire qui n’a jamais été une cheffe. Une exécutante. Une figure de façade. Quelqu’un qui a occupé le fauteuil sans jamais tenir le gouvernail. Le pouvoir était ailleurs, au parti, à Paris, dans l’entre-soi militant. Quand Marine Tondelier apparaît, la vérité saute aux yeux : la ligne vient d’en haut, la maire s’écrase et suit.
C’est aussi l’aveu d’un mandat idéologique
Ce n’était pas un mandat pour gouverner une ville vivante, contradictoire, populaire, mais pour appliquer un logiciel. Peu importe les dégâts, peu importe les fractures, peu importe la lassitude, il faut cocher les cases, et réciter le catéchisme vert.
Enfin, c’est un aveu d’irresponsabilité
Quand une ville va mal, quand l’insécurité progresse, quand le centre se vide, quand les habitants se sentent abandonnés, on ne chante pas. On rend des comptes. On se tait. On assume.
Ce karaoké avoue une chose essentielle: ces gens n’ont jamais aimé Strasbourg. Ils ont aimé ce qu’elle leur permettait d’être.
Jeanne Barseghian, une page sombre à refermer
Séraphine (dessin de Alex Rohane)