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Dix ans de Macron : une France en ruine

Peut-on vraiment tenir sept mois encore comme cela ? Nous ne sommes pas encore en mai 2027 mais nous pouvons malheureusement déjà dresser un bilan des deux mandats du locataire actuel de l’Elysée : une France en lambeaux ! mais le mur n’est pas une fatalité…

Soyons factuels :

En 2017, la dette publique représentait environ 97 % du PIB, soit un peu plus de 2 200 milliards d’euros, et le déficit 2,6 %. Au troisième trimestre 2026, la dette atteint 3 600 milliards, soit près de 120 % du PIB. En 2025, malgré une amélioration par rapport à 2024, le déficit restait à 5,1 %. Et désormais les marchés nous présentent l’addition : l’écart entre les taux français et allemands a récemment atteint environ 150 points de base.  

On invoquera le Covid, l’Ukraine, l’énergie. Mais la véritable explication n’est pas là, car ces crises ont frappé nos voisins aussi, de la même façon. Or aucun d’eux n’a conduit une politique qui plonge leurs finances publiques au bord de la banqueroute.

Gouverner, précisément, consiste à traverser les tempêtes sans laisser son navire plus fragile qu’avant.

Le plus troublant est que cette dette supplémentaire n’a pas donné aux Français le sentiment d’un État plus solide. Bien au contraire !

L’hôpital public reste dans une situation qualifiée encore récemment gravissime par les inspections de l’État. La justice demeure sous-dotée au regard des comparaisons européennes. L’école connaît une crise suffisamment profonde pour que la colère lycéenne, partie notamment des pénuries de professeurs et de la vétusté des locaux, ait gagné une partie du pays. 

Quant à l’armée, elle constitue justement l’une des politiques où l’effort budgétaire doit être reconnu. Les crédits ont fortement progressé depuis 2017. Mais les rapports parlementaires disent encore la nécessité de reconstituer les stocks de munitions, d’améliorer la disponibilité des matériels et de préparer la haute intensité.

Voilà peut-être le paradoxe macronien : avoir beaucoup dépensé sans donner le sentiment d’avoir beaucoup réparé. On dépense quoi qu’il en coûte mais on n’investit pas.

Et dehors ?

Emmanuel Macron voulait rendre à la France sa voix. Il l’a souvent portée avec énergie. Sur l’Ukraine, sur la souveraineté européenne, sur la défense, certaines initiatives méritent d’être reconnues. Un bilan sérieux n’est pas un réquisitoire aveugle.

Mais une voix n’a de portée que si les autres l’écoutent.

Washington a perdu toute confiance en nous. En Afrique, la France a dû quitter plusieurs de ses anciennes positions au Sahel ; Paris reconnaît aujourd’hui que ses relations avec certains États y sont très dégradées. La Russie et la Chine ont occupé une partie du terrain abandonné.

Avec Moscou, les appels et les tentatives de médiation n’ont pas empêché la guerre. Avec Pékin, le volontarisme français n’a pas inversé le rapport de puissance. Et en Europe, comment prétendre entraîner durablement lorsque notre dette, notre instabilité politique et nos difficultés à tenir nos engagements budgétaires affaiblissent notre parole ?

Au Moyen Orient, la parole de la France semble de plus en plus s’aligner avec celle du Qatar. Cela ne peut que questionner.

La puissance ne se proclame pas. Elle se constate.

Reste peut-être le plus lourd héritage : la politique.

Macron devait dépasser les vieux partis. Il les a dynamités, éparpillés, ventilés, façon puzzle. Il les a pulvérisés sans se préoccuper de construire après eux une force politique durable. Il devait rendre les extrêmes inutiles. Il risque de leur avoir préparé le terrain. Le macronisme aborde sa fin de cycle fragmenté, aucun des « minis-macron » ne faisant vraiment le poids, tandis que le Rassemblement national apparaît plus proche que jamais du pouvoir par les urnes, et LFI par la violence de la rue.  

Macron voulait être un rempart. Il pourrait devenir un marchepied.

Il existe, toutes proportions historiques gardées, quelque chose du drame de Paul Reynaud dans cette fin de règne. Non pas la France de 1940, évidemment. Mais cette difficulté à choisir une ligne lorsque l’Histoire exige une direction.

En juin 1940, Reynaud fut tiraillé entre ceux qui voulaient poursuivre le combat, parmi lesquels de Gaulle, qu’il avait fait entrer au gouvernement, et ceux qui poussaient à l’armistice. Il finit par démissionner, après avoir aidé de Gaulle à financer son installation à Londres, et, en même temps, en cédant aux pressions de sa maîtresse et à Pétain. C’est ainsi que le traître Pétain lui succéda.  

La leçon demeure : dans certaines périodes, le « en même temps » cesse d’être une habileté. Il devient une faute grave.

Un pays ne s’abîme pas seulement lorsqu’il manque d’argent. Il s’abîme lorsqu’il ne sait plus quelles sont ses valeurs. Après deux mandats, nos chères valeurs républicaines ne semblent même plus connues de notre jeunesse. Que savent-ils de la Liberté, de l’Égalité, de la Fraternité, de la Laïcité ? Ils connaissent les mots mais ignorent les idées derrière les mots !

Le symbole le plus fort des deux mandats de Macron pour la postérité sera certainement son absence à la tête du Peuple de France lors de cette belle marche contre la haine des juifs et pour les Valeurs de la République, une marche transpartisane organisée par la Présidente de l’Assemblée Nationale et le Président du Sénat. Une marche éminemment républicaine et Macron a eu une peur bleue d’y participer. Comment inspirer à nos jeunes l’envie de vivre les valeurs de la République quand leur président a peur de marcher ? Il aurait dû les embarquer, les mettre « en marche ». Absent !

En 2017, Emmanuel Macron promettait la transformation. Dix ans plus tard, la question n’est plus de savoir ce qu’il voulait transformer. Elle est de savoir ce qu’il restera à reconstruire, comment le reconstruire, avec quel plan et avec quel chef de chantier. 

Rien n’est encore perdu, le mur n’est pas une fatalité. Deux bons tiers des Français partagent encore une aspiration commune. Et lorsqu’on discute avec eux, ils sont demandeurs d’un plan de reconstruction Radicalement Républicain. Ils ne sont pas d’accord sur tout, mais sur l’essentiel, sur 85% de ce qui nous réunit. 

Ils savent aussi qu’aucun des candidats en lice dans les sondages ne pourra porter ce plan. Avoir été premier ministre ou ministre d’un président si détesté les rend radioactifs. Aucun n’a su créer l’envie. Dont acte.

Mais il y a d’autres grands serviteurs de l’Etat qui peuvent assumer cette lourde tâche de reconstruction. Et qui ont déjà battu Le Pen. 

Il nous faut réunir les forces vives de notre pays, les Radicalement Républicains des deux bords, de droite comme de gauche, réfléchir ensemble à un programme de reconstruction, autour des attentes des Français, des bourgs comme des tours, pour booster notre pouvoir d’achat, pour lancer un véritable plan santé et prévention, pour restaurer nos écoles et y enseigner les valeurs de la Républiques, pour faire de nos enfants des Républicains, pour remettre la France à la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre dans le monde.

Nous pourrons ainsi, non pas dresser un barrage républicain face aux populismes, cela ne marchera plus, mais proposer un véritable projet de société, fondée sur le socle de nos chères valeurs. La République est plus qu’une protection, la République se vit, nos valeurs sont son oxygène.

L’heure est venue de proposer aux Français un projet Radicalement Républicain : 

Une République libre parce qu’elle émancipe ; égale parce qu’elle refuse les assignations ; fraternelle parce qu’elle ne laisse personne au bord du chemin ; laïque parce qu’elle protège toutes les consciences ; responsable parce qu’elle relie les droits aux devoirs ; souveraine parce qu’elle conserve la capacité de choisir ; européenne enfin, parce qu’elle sait que dans le monde qui vient, la puissance se partage sans que la souveraineté ne se dissolve.

C’est ainsi que nous redonnerons envie aux Français de vivre la République, c’est ainsi que le futur candidat Radicalement Républicain redonnera aux électeurs envie et confiance !

Patrick Pilcer

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