Face au succès retentissant du film l’Odyssée, la France a décidé de contre-attaquer et de sortir, elle aussi, son blockbuster mythologique. En exclusivité, voici les premières images.
Tout d’abord, il y a cette séquence d’ouverture à 200 millions de dollars. Emmanuel Macron incarne Ulysse, l’homme seul, face à l’immensité de l’élément liquide, portant le poids du monde et de la dette publique sur ses épaules. Alors, au volant de son coursier mécanique, il fend les flots pour affronter les monstrueux Charybde (sa popularité perdue ?) et Scylla (la motion de censure ?) en scooter des mers V6 injection.
Contrairement à la version hollywoodienne, les effets spéciaux sont tolérés notamment pour gonfler les petits biceps du héros. Son égo, lui, n’a nul besoin d’être gonflé et est 100 % naturel.
Les Dieux ont envoyé la foudre et les incendies sur son peuple ? Il leur répond par un dérapage contrôlé à 50 nœuds sur la Méditerranée, comme un bon petit kéké des plages.
Dans tout film à grand spectacle, il faut une grande scène de romance, sous haute tension dramatique. Ici, après une interminable Odyssée européenne au parlement de Strasbourg, Ulysse-Glucksmann retrouve sa Pénélope-Salamé sur le rivage d’Ithaque, au Cap Ferret. Leur baiser n’est pas un simple galochage de vacances, ou une pelle estivale, mais une scène de retrouvailles poignantes, après 7 ans de mandats de député.
En arrière-plan, on devine les prétendants, (les directeurs de l’information et le CSA) qui tentent d’éloigner Pénélope de sa matinale pour respecter la déontologie. Mais peine perdue : l’amour est la seule force capable d’outrepasser le temps d’antenne de France Inter.
Enfin, il y a LE caméo surprise du film, les divinités originelles de l’Ancien monde de l’Olympe politique qui réapparaissent à la surface pour observer les pauvres mortels.
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, c’est Poséidon et Amphitrite sortant des Abysses. Ils ont survécu à tous les naufrages, à toutes les tempêtes politiques. Ils ne nagent pas, ils se dressent hors de l’eau. Sarkozy est droit comme un i, le ventre rentré, les bras légèrement écartés, dominant les vagues pour ordonner à la mer de se calmer et aux affaires judiciaires de prendre le large. A ses côtés, Carla, mi-statue grecque, mi-sirène, susurre une mélodie capable de détourner les navires des juges d’instruction.
Je ne sais pas si le film va faire beaucoup d’entrées. Il faut dire que trouver des acteurs capables d’incarner la destinée de la France, tout en portant un maillot de bain décathlon et en s’enduisant de crème solaire, c’est difficile.
Il est vrai aussi que, de l’Ithaque d’Homère aux plages de Paris Match, l’épopée a surtout perdu en poésie ce qu’elle a gagné en vulgarité.
Nathalie Bianco