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Super Trump

Il y a des hommes politiques qui gouvernent. D’autres qui improvisent. Et puis il y a Donald Trump, qui transforme chaque sujet en série Netflix saison 47, avec effets spéciaux spirituels et rebondissements théologiques non autorisés par Rome.

Donc voilà Trump, tranquille, en mode « faiseur de rois », qui se réveille un matin et décide que la papauté aussi est une option dans sa fiche de posts. Président, magnat, et désormais influenceur faiseur de pape. Rien que ça. La prochaine étape logique : il sera faiseur de Saint-Esprit, si le timing publicitaire est bon.

Face à lui, le pape Léon XIV, calme, posé, soporifique et probablement en train de penser à la paix mondiale, ou à autre chose à peine moins ridicule, lâche une phrase sur la paix. Un classique Vatican, sobre et ennuyeux. Et soudain, Trump surgit, répond comme on commente un match de golf : « Si je n’avais pas été élu, tu ne serais pas au Vatican. »

On passe du bras de fer diplomatique au fantasy football religieux. Manque plus que les cartes à collectionner : « Pape rare, édition Trump 2026, +10 en humilité douteuse ».

Le Vatican doit relire trois fois la phrase pour vérifier qu’il s’agit bien d’un chef d’État et pas d’un fil Twitter généré par une IA flagada.

Pour un « mot d’esprit » en mode Trump, le monde rentre en transe ; en Italie, ça s’étrangle élégamment. Giorgia Meloni parle « d’inacceptable », ce qui, en politique italienne, correspond à un hurlement intérieur avec gestuelle contrôlée. Et Trump, fidèle à lui-même, répond en mode rupture sentimentale : « Je pensais qu’elle était courageuse. J’avais tort. » C’est moins une diplomatie qu’un speed dating géopolitique.

Aux États-Unis, ça panique dans tous les sens. Chez les catholiques et les évangéliques, c’est la révolution. Et le vice-président tente la technique universelle, la phrase officielle des catastrophes mal calibrées : « Oh ça va ! C’était une blaaague ! »

Mais le plus beau, c’est le réflexe final : la suppression du message. Et là, soudain, le miracle contemporain se produit. Algorithmique et électoral. Enfin, Trump découvre qu’on ne plaisante pas éternellement avec les symboles sacrés quand 50 millions de catholiques regardent le fil.

On appelle ça la politique moderne : dire n’importe quoi en direct, puis prier l’algorithme de l’oubli.

Et, quelque part, entre un tweet supprimé et une papauté involontairement secouée, il reste cette impression étrange que le monde est dirigé par des gens qui testent leurs idées comme des filtres Instagram. Certains leur vont bien. D’autres font immédiatement penser à une erreur de civilisation.

Trump continue de se défouler et de sourire parce que, dans son univers, même les scandales ont une stratégie. Même le Vatican devient un épisode pilote. Et même Dieu, probablement, attend de voir s’il doit répondre simplement Amen ou ignorer le thread.

Séraphine

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