Catherine Trautmann a inauguré sa mandature avec vingt adjoints.
Vingt. On n’avait pas vu un tel rassemblement depuis les colonies de manchots empereurs. Budget, petite enfance, sécurité, culture, urbanisme. Chaque adjoint a sa niche, sa plaque, son territoire. Sur le papier, c’est un exécutif exemplaire.
Dans ce lot, deux figures surnagent Anne Pernelle Richardot et Mathieu Kahn.
Deux figures de loyauté, de constance et de travail.
Ils tiennent la baraque. Ce son deux élus qui ne complotent pas dans les couloirs, qui ne tournent pas avec le vent, qui ne transforment pas une réunion en spectacle pyrotechnique. Bref, deux personnes normales devenues exceptionnelles à force d’être entourées d’acrobates.
La star de la rubrique « comportements à risques », c’est Pierre Jakubowicz, produit chimiquement pur de l’ambition municipale débridée.
Le petit nouveau qui s’est fait connaître par sa trajectoire personnelle en mode fusée, avec un sens de l’intérêt général approximatif, un talent inné pour déclencher la zizanie.
Dès son arrivée, il a cultivé l’image du « Moi je, moi je suis le plus intelligent, le plus brillant ». Alors qu’il ne fait que piailler sur son perchoir à recycler des discours, en pensant toujours à la prochaine marche, même quand tout le monde se casse déjà la figure sur la précédente.
Lors des municipales, il a distribué la discorde, divise des équipes comme des tracts dans atmosphère détestable qui laissent cicatrices encore visibles.
Son parcours parle à travers ses alliances au gré du vent, ses interventions opportunistes, sa stratégie personnelle omniprésente, et son absence totale de vision pour Strasbourg.
On a cherché une compétence particulière.
On a fini par comprendre que son seul domaine d’expertise, c’est lui-même.
Son entrée dans l’exécutif est une erreur stratégique majeure, un risque structurel, une fissure installée à mains nues dans une équipe qui a déjà assez donné en matière de chaos politique.
C’est un opportuniste placé trop près du moteur voilà comment explosent les machines.
Mais Catherine Trautmann sait neutraliser. Ce n’est pas sa première créature turbulente.
Elle lui trouvera un placard doré à Paris dans une administrative, rémunérée, moelleuse comme un canapé d’ambassade, et surtout sans la moindre influence. Un poste où l’on « fait semblant », avec la garantie suprême qu’il restera il sera loin, très loin, hors de portée des boutons, des leviers et du moindre câble sensible.
Avec le message implicite, franc comme un coup de poing :
« Tu ne reviens pas. »
Parce que Strasbourg n’a plus d’énergie à gaspiller.
Elle a besoin d’un exécutif orienté vers la ville, pas d’un homme qui considère la ville comme sin marchepied.
Elle doit se reconstruire, respirer, avancer.
Et pour avancer, une règle simple :
on éloigne les éléments toxiques avant qu’ils ne transforment l’équipe en champ de ruines.
Cruella