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Hérésie en plein capitalisme néerlandais

Le capitalisme néerlandais est souvent considéré comme l’un des berceaux du capitalisme moderne.

Les Pays-Bas (Provinces-Unies) deviennent, au XVIIᵉ siècle, la première puissance commerciale et financière mondiale malgré leur petite taille.

Consécutivement à l’inquisition ibérique et à l’arrivée des juifs séfarades à Amsterdam, surnommée la nouvelle Jérusalem, les Provinces-Unies ont connu un essor économique. Les huguenots et les flamands ont également été des moteurs du miracle batave, terre de libertés.

Amsterdam devient la capitale financière du monde.

Les innovations clés du capitalisme néerlandais : 

Première bourse du monde à Amsterdam, Invention de la société par actions, actions négociables et responsabilité limitée.

Développement massif du crédit, des assurances maritimes, des contrats à terme (futures).

Commerce mondialisé + monopole sur certaines routes (épices surtout).

Ce modèle permet à des marchands de financer de très gros projets risqués sans tout perdre personnellement. Deux compagnies emblématiques dominent cette histoire : la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.  Et la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales.

Pour la petite histoire, avant de devenir anglaise et de s’appeler New York, la ville s’appelait New Amsterdam et était une colonie néerlandaise en Amérique du Nord.

Les Néerlandais ont inventé le capitalisme actionnarial moderne, la bourse en continue et les multinationales coloniales. L’héritage financier et commercial perdure dans le système mondial actuel.

Plusieurs multinationales néerlandaises existent depuis le XIXe siècle : Unilever, Philipps, ING, ABN Amro Bank, Royal Dutch Shell.

Malgré cet héritage, le nouveau gouvernement minoritaire hollandais vient de sombrer dans la folie de l’idéologie collectiviste.

Consécutivement à des arrêts de la Cour suprême, La chambre basse vient de voter la taxation des plus-values latentes. Oui, il s’agit bien des plus-values latentes et non lors de la cession des actifs. Quelle folie !

De nombreux économistes, investisseurs et critiques (y compris au sein de la coalition) trouvent cela très problématique :

  • Taxer des gains « virtuels » → risque de vendre des actifs pour payer l’impôt → réduit les gains des intérêts composés à long terme.
  • Pénalise fortement les stratégies buy & hold et les investisseurs retail.
  • Risque de fuite de capitaux vers des pays plus favorables fiscalement
  • C’est l’un des systèmes les plus agressifs au monde sur ce point (la plupart des pays taxent seulement à la réalisation).

Prenons des exemples numériques.

1)  portefeuille de 100 000 € avec +20 % en 1 an (à partir de 2028)

  • Valeur fin d’année : 120 000 € → gain latent +20 000 
  • À partir de 2028 : rendement réel = +20 000 € → après abattement de 1 800 € → base taxable ≈ 18 200 € → impôt 36 % ≈ 6 552 € à payer en cash cette année-là (même sans vente).
  • Impact : vendre une partie du portefeuille pour payer l’impôt → moindre gain sur les années suivantes du fait d’un capital réinvesti plus faible.

2) Exemple 2 : intérêts composés sur 3 ans (+20 % par an, portefeuille initial 100 000 €)

  • Année 1 : 120 000 €
  • Année 2 : 144 000 €
  • Année 3 : 172 800 €
  • Gain total : +72 800 € → Dans l’ancien régime fiscal, si vente fin année 3 : impôt 36 % sur 72 800 € ≈ 26 208 € → net ≈ 146 592 €.

Avec taxation annuelle des plus-values latentes à 36 % à partir de 2028, :

  • Année 1 : gain 20k → impôt ≈ 7 200 € → vendre pour payer → portefeuille ≈ 112 800 € (au lieu de 120k).
  • Année 2 : +20 % sur 112 800 ≈ +22 560 € → impôt ≈ 8 122 € → portefeuille ≈ 127 238 €.
  • Année 3 : +20 % sur 127 238 ≈ +25 448 € → impôt ≈ 9 161 € → portefeuille final ≈ 143 525 €.
  • Puis à la vente finale : gain résiduel faible → impôt supplémentaire limité.

Perte cumulée : environ 3 000–4 000 € sur seulement 3 ans par rapport au scénario sans taxe annuelle. 

La taxation des plus-values latentes aux Pays-Bas, pays le plus pragmatique de l’UE, montre que même les esprits les plus évolués peuvent sombrer dans la folie du collectivisme. L’occident est traversé par une vague communiste sous les traits du progressisme et du tiers-mondisme. Un retour de l’hyperinflation à la faveur d’une crise économique majeure des économies surendettées marquerait définitivement le retour aux années 70.

Bien cocasse de la part du pays qui a inventé la bourse plusieurs siècles auparavant.

Donald Duck

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