Ne me demandez pas ce que je pense d’une prof poignardée quand par votre violence quotidienne, vous préparez le terrain de ce genre de tragédie.
Vous qui donnez un téléphone à vos enfants dès la poussette, ou par la suite substituez totalement les écrans à l’éducation et à l’amour.
Vous qui vous prétendez politiques, médias, personnalités publiques et donnez l’exemple d’invectives, d’injures, de clivages sans nuance à longueur de journée.
Vous qui méprisez l’autorité des professeurs, remettez leurs pratiques en question dès que possible, dénaturez leur métier de transmission.
Vous qui frappez vos enfants ou alors ne les regardez plus, et ne les protégez pas.
Vous qui décrétez haut et fort que vous n’en voulez plus dans certains espaces publics.
Vous qui appelez à la haine des policiers, des pompiers, des militaires, dont la vocation est pourtant de protéger votre confort.
Vous qui importez les conflits d’ailleurs, dont vous ne connaissez rien, quitte à exciter l’antisémitisme, et un racisme plus global, car les deux prospèrent ensemble, dans une surenchère perpétuelle de détestation de l’Autre.
Les enfants sont comme on les fait.
A construire une société de violence, d’inculture et d’indifférence, on récolte ça : des gosses perdus qui plantent, non pas des graines mais des couteaux. Ne venez pas pleurer sur le sort de cette pauvre enseignante. Vous avez tous une responsabilité. Nous avons tous une responsabilité. Nous.
Cecile Chabaud