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Barseghian–Trautmann : le grand remplacement… de gauche à gauche 

Catherine Trautmann, le grand retour ! Le come-back tant attendu ! La résurrection triomphale de la reine incontestée des années 90, Catherine Trautmann, qui débarque en # Catherine 2026 comme si le temps s’était arrêté en 2001. Et pour fêter ça un meeting, non, un show à la Donald, genre YMCA, écran géant, lumières qui clignotent, sono qui cogne, entrée scénarisée, chorégraphie quasi-Olympique. 

C’est Hollywood à deux pas de la Petite France. Bravo pour l’effet waouh ! Sauf que derrière les néons et la fumée, il y a… rien. Le vide sidéral. Le néant emballé cadeau.  

On se demande sérieusement si le Parti socialiste a soudainement gagné au Loto, parce que pour une gauche qui pleure misère, qui hurle à la justice sociale et à la sobriété écologique dès qu’un tramway augmente de 2 centimes, claquer une fortune dans un décor de comédie musicale pour dire « transports moins chers, propreté, sécurité, culture, bisous partout », c’est d’un cynisme exquis. On appelle ça recycler les vieux thèmes avec l’argent du contribuable. Ou plutôt, avec l’argent qu’on trouve on ne sait où, vu que le PS national est en soins palliatifs depuis dix ans.

Et puis arrive le moment star : la logorrhée légendaire. Seule sur scène, comme une diva oubliée qui refuse de quitter les planches, elle parle. Elle parle. Elle parle encore. On dirait un replay des années Mitterrand, mais avec trente-cinq ans de retard. Quant au public c’est un parterre de fidèles momifiés d’anciens combattants du PS version Club Med, qui applaudissent avant même qu’elle prenne la parole, par habitude, comme des chiens de Pavlov, en mode Conviction Zéro.

Le programme est un copier-coller de ses années-lumière, « logement digne », « environnement », « sécurité renforcée » (tiens, depuis quand la gauche ose prononcer ce mot sans s’excuser ?), le tout sans une seule mesure chiffrée, sans la moindre idée de comment payer la facture. Ça relève du vœu pieu. Idéal pour ne fâcher personne… et ne rien résoudre non plus.

Les vrais sujets sont Évacués avec l’élégance d’un prestidigitateur qui fait disparaître l’éléphant dans la salle. 

La déroute totale du PS ? Motus. L’effondrement moral et électoral de la gauche ? Chut. Les compromissions, les trahisons accumulées pendant des décennies ? Circulez, y’a rien à voir. Qui ne dit mot consent, et là, le consentement est écrasant. 

Elle critique l’édile écolo du bout des lèvres, sans jamais l’affronter vraiment c’est bien trop risqué de froisser l’électorat écolo en roue libre. Elle se pose en « rassembleuse », comme si prononcer le mot suffisait à effacer le temps qui commence sérieusement à poser question…  On parle de dynamisme et de nouveauté… on a droit à la bande-annonce du revival.

Bref, ce n’était pas un lancement de campagne. C’était une opération nostalgie bling-bling. Une démonstration de force logistique pour masquer l’absence totale de vision. Une gauche qui dénonce les inégalités le matin et organise des shows à l’américaine l’après-midi. Une gauche qui parle de justice sociale mais qui investit dans des spots lumières plutôt que dans des idées neuves.

Catherine Trautmann n’a jamais réglé ses comptes avec la faillite de son camp. Jamais assumé les échecs. Jamais brisé les chaînes de l’appareil qui l’a portée. 

Elle est le symbole parfait de cette gauche, l’apparatchik fidèle qui recycle ses vieilles cassettes, ses vieilles poses, ses vieilles certitudes, et espère que les Strasbourgeois auront la mémoire courte.

Eh bien non. On n’oublie pas si facilement qu’on nous prend pour des cons avec un écran géant et un PowerPoint émotionnel.

Lionel Jospin parlait « d’erreur de casting ». Espérons que Strasbourg ne commette la même « erreur de casting ». Parce que dégager la gaucho verte, pour récupérer la gaucho collector, c’est la même soupe.

Silvia Oussadon Chamszadeh

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