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De Pouchkine à Poutine, de la culture à la barbarie…

La barbarie russe est une tradition ancrée dans la culture de ce peuple qui réussit à faire se côtoyer la grande musique d’Alexandre Borodine avec le sifflement des balles de Putler, les sublimes peintures d’Ilia Repine avec la sanglante image de Katyn, l’écriture poétique de Pouchkine avec le torrent de mensonges tissés selon les « règles » de la terreur rouge du voyou du NKVD : Poutine. 

Pour le malheur de la déshérence de ce grand peuple, il faut que l’Histoire le dissocie du dévoiement idéologique de ses dirigeants.

Le peuple ukrainien, comme beaucoup d’autres peuples passés sous le joug du communisme sanglant connaît le prix de la pax sovietica. La bourgade d’Ivano-Frankivsk dans l’ouest ukrainien en est un symbole que l’Histoire accepte parfois de dévoiler. C’est là que dans l’été 1941, les sbires du NKVD, dont Vladof est le plus parfait disciple, installèrent leur tribunal avec une salle de torture pour assassiner sans aucun jugement des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Car massacrer des enfants est devenu un acte méritoire du communisme russe. Et toute demande de recherche des dépouilles « une calomnie contre l’Etat soviétique » ! Car,  pour Moscou, toute recherche historique sur l’acharnement de l’Etat communiste russe dans le massacre de masse qu’il avait organisé à Demianiz Laz n’était imputable qu’au régime nazi. 

La collusion entre ces deux idéologies de mort des peuples ne résista pas quand on découvrit sous la semelle de prisonniers assassinés leur acte d’accusation signé d’un tribunal du NKVD. Comme après la révélation de l’implication bolchévique dans le massacre de Katyn, les suppliciés apportèrent la preuve de l’implication totale du régime soviétique. Après cela, comment un peuple démocratique comme celui de France peut-il encore supporter les allégations mensongères, car rétribuées grassement par le FSB, des « politiciens » français qui tentent de nous faire croire en leur honnêteté. Voilà bien deux mots qui s’accolent avec beaucoup de contorsions : politique et honnêteté !

Quand on fouille l’Histoire dans ses arrières salles, l’écœurement et la désillusion sont trop souvent de mise : qui a préfabriqué les mises en scène factice, qui a pu nous insuffler certaines visions falsifiées, quels médias ont collaboré à la falsification de l’Histoire ?

Dans le cas exemplaire de la situation tragique de l’invasion russe en Ukraine surgit de l’ombre organisée par des complices criminels l’alliance de fait qu’avaient noué les deux totalitarismes, nazi et communiste. Ils donnaient raison à la formule de Jean-François Revel selon laquelle « le communisme est un nazisme, le mensonge en plus ». Une réalité longtemps occultée dans un silence de plomb par la victoire de L’URSS sur l’Allemagne nazie.

 Aujourd’hui, le bolchévisme perdure dans son ignominie meurtrière grâce à des complices occidentaux avides de prébendes.

En Russie, sous l’égide « éclairée » d’Anatoly  Torkunov, recteur de l’Institut d’Etat des relations internationales de Moscou et d’Alexandre Tchoubarian, directeur scientifique de l’Institut d’histoire générale de l’Académie des sciences de Russie, l’enseignement de l’Histoire « révisée » est conforme au narratif officiel : le programme inclut pour les élèves de première et de terminale le tir à balles réelles. Ita missa est !

Fort heureusement, grâce à une ”partie  de la presse objective”, nous savons qu’entre Ivano-frankivsk et Irpin, qu’entre Demianiv Laz et Boutcha, il y a la continuité. Car les méthodes du NKVD, aujourd’hui FSB, qui engendra la bête venimeuse du nom de Vladimir Poutine, sont inchangées.

La Cour pénale internationale (CPI) a déclaré le 17 mars 2023 avoir émis un mandat d’arrêt contre le président russe Vladimir Poutine pour sa responsabilité dans des crimes de guerre perpétrés en Ukraine.

Il « est présumé responsable du crime de guerre de déportation illégale de population (enfants) et de transfert illégal de population (enfants) des zones occupées d’Ukraine vers la Fédération de Russie», a ajouté la cour. «Les crimes auraient été commis sur le territoire ukrainien occupé au moins à partir du 24 février 2022 », a poursuivi la CPI, ajoutant qu’il existait « des motifs raisonnables de croire que Vladimir Poutine est personnellement responsable des crimes susmentionnés». De même pour des frappes délibérées sur des infrastructures civiles en Ukraine.

Personne, sauf les « collaborateurs » internationaux habituels des criminels de guerre, ne pourra jamais occulter ces femmes et leurs nouveau-nés massacrés par les bombardements s’abattant sur les maternités. Ces familles survivant dans leurs maisons défoncées. Ces civils suppliciés pour avoir refusé de collaborer avec l’occupant russe. Ces enfants et ces femmes violés et torturés. Ces habitations et ces magasins pillés. Ces enfants déportés…

La Madone de Demianiv Laz peinte par Levsko Voedylo et Les Soloviev est inspirée de la découverte des ossements d’une femme et d‘un bébé, entravés de barbelés. Le visage en souffrance de cette Madone et surtout ses yeux fermés pour nous refuser de voir ce que des hommes sont capables d’infliger à des femmes et à des enfants innocents me sont insupportables.

Chaque fois que je dévisage ces généraux russes, ces pantins ridicules pliant sous le poids de décorations

grand-guignolesques, je songe au nombre de madones et d’enfants qu’ils ont pu massacrer pour mériter ce déshonneur.

Chaque fois que je vois un oligarque russe plastronner à l’ONU pour vanter son pays avec son pantin pitoyable Putler, j’ai honte pour le peuple russe qui ne mérite pas cette dégradation morale…mais aussi pour l’ONU qui, en accordant un droit à la parole publique internationale, à ces criminels dégrade ainsi la crédibilité de cette institution adepte de palinodies devenues grotesques.

Chez l’oligarque du Kremlin, l’obsession d’un passé sanglant et rétrograde nourrit l’histoire de la régression actuelle russe : l’exécution politique « aérienne » d’Evgueni Prigogine s’est concrétisée par le rasement des sépultures des soldats de l’armée privée de Wagner dans le cimetière municipal de Samara, sur la Volga. Ces sbires à la solde de Poutine n’ont jamais existé puisqu’il le veut ainsi : nous sommes en présence d’un fou qui écrit l’histoire telle qu’elle est dans sa tête d’illuminé préfabriqué par le NKVD. 

Ce n’est plus un retour en arrière pour la Russie : c’est son présent et c’est l’image déconstruite que ce grand pays voudrait nous imposer.  De fait, c’est cette vision que Putler impose à son peuple de serfs et voudrait imposer au monde occidental. Ainsi, il occulte la seule petite fenêtre que le tsar Alexandre le Grand ouvrit sur l’Europe.

Dmitri Muratov, prix Nobel de la paix 2021, nous le dit : « Cette fenêtre est refermée, des barreaux ont été posés dessus. »

La réécriture du passé est une tradition bien ancrée dans le bolchévisme, puis dans le communisme. Putler cherche à nous berner en nous attirant dans le trou noir, très noir, du passé soviétique et surtout vers ce présent réécrit à son gré de sbire du NKVD dont il se prétend l’historien en chef.  Alors qu’il s’agit tout simplement de désoviétiser l’histoire ukrainienne, mais aussi…européenne.

La mémoire défit les récits historiques préfabriqués.

La guerre en Ukraine possède désormais une dimension mémorielle. Symbole de ses efforts de dérussification, Kiev a remplacé cet été la faucille et le marteau par son blason national orné du trident sur le monument de la Mère Ukraine. Ce pays martyr d’une invasion d’un autre âge doit retrouver ce qui lui appartient dans la mémoire, ce qui lui a été volé et surtout ce que l’étranger lui a imposé. Et avant tout, comme le préconise Anton Dobrovitch, le directeur de l’Institut ukrainien de la mémoire nationale créé en 2006 : dissocier les noms des « collaborateurs » associés à des figures totalitaires du régime soviétique, voire des organes du parti impliqué dans des meurtres de masse. Tout Ukrainien a perdu tout ou parti des siens dans le génocide  de l’Holodomor orchestré par Staline, le maître à penser de Putler.

La dérussification est la seule chance culturelle de l’Ukraine. Elle assure sa survie en tant que nation en lui permettant de retrouver la totalité de son patrimoine, quel qu’en soit l’origine. 85% des 800 000 participants au référendum de Kiev ont voté pour la dérussification des noms de rues, places, stations et monuments. Et notamment à celle de la Mère Ukraine et à l’installation du Tryzub sur le bouclier de la statue à Kiev.

L’Histoire, et non les politiciens de tous bords, nous démontre que l’Ukraine n’est pas un Etat artificiel. Mais bien un vieux peuple, dont les patriotes ont tout donné pour que l’Ukraine apparaisse et tienne sa place à part entière sur la mappemonde du monde. 

Pour comprendre l’Ukraine, il faut quitter la pénombre organisée des archives du Kremlin pour fouiller celles de l’Europe. Nous y découvrons  l’épopée des bataillons de streltsy nés dans l’armée de l’empire austro-hongrois, qui vont devenir le noyau dur de la première armée indépendante ukrainienne pendant la brève République indépendante d’Ukraine occidentale proclamée en 1918.

Il est pourtant très simple de comprendre que l’indépendance ne naît pas de rien. Même si certains idéologues déconstructeurs voudraient nous persuader que la France ne serait qu’un morceau de l’Afrique à laquelle, oubliant notre civilisation, il nous faudrait revenir… 

Ma seule interrogation d’homme civilisé est : comment peut-on encore fermer les yeux et « sa gueule » ?

Gérard Cardonne

Reporter Sans Frontières

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