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Les droites les plus bêtes

La droite britannique est en pleine tourmente. Malgré son éclatante victoire aux élections législatives de décembre 2019 au cours desquelles Boris Johnson a conquis des électeurs dans les fiefs travaillistes, le parti semble déboussolé sur son programme et sur son leader.

Boris Johnson a gâché son capital avec des erreurs majeures pendant la pandémie et sur sa pratique du pouvoir au 10 Downing Street. Toutefois, il faut lui reconnaitre son sens politique pour aller chercher les électeurs des classes moyennes appauvries et sa promesse tenue du Brexit que les caciques du parti n’arrivaient pas à accomplir.

Sans leader naturel ni programme attrayant, l’avenir de la droite est bien sombre. Les sondages montrent qu’en cas d’élections anticipées, les conservateurs risquent d’être balayés avec seulement 22 députés dans un parlement devenu massivement travailliste. Et dire que 365 députés conservateurs avaient été élus fin 2019….

Sans oublier le contexte de crise économique et financière du Royaume qui obligea Liz Truss, la récente successeuse de Boris Johnson à Downing Street, à amender son mini budget qui prévoyait des baisses d’impôts.

Le nouveau chancelier de l’Echiquier, Jeremy Hunt, et ancien candidat perdant face à Boris Johnson pour le poste de premier ministre vient d’indiquer qu’il allait monter les impôts et réduire des dépenses publiques, n’excluant pas celles du système de santé pourtant dans un état moribond.

Il semble qu’il ait réussi à obliger Liz Truss d’abandonner l’intégralité de ses mesures budgétaires. C’est à se demander qui est au 10 Downing Street. Liz Truss ou l’establishment du parti, revanchard d’un Boris Johnson et de ses Brexiters ? Nous assistons à une tragédie shakespearienne. Les guerres d’égo et de lutte de pouvoir sont mal venues, notamment dans le contexte mondial que l’on connait. Si en plus, la droite essaie de se faire bien voir par la gauche en copiant ses politiques, elle aura aussi perdu ses fidèles électeurs qui s’en sentiront trahis.

La droite britannique aurait dû regarder ce qui s’est passé avec la droite française. Les divisions Giscard-Chirac ont permis à la gauche d’arriver au pouvoir pendant deux septennats en 1981. Tout comme la victoire de Hollande face à Sarkozy a pu se faire parce que d’anciens électeurs déçus par la droite ont voté blanc.

Je n’évoque même pas l’éventuelle disparition du parti LR à la suite de son score misérable de 4,7% à l’élection présidentielle de 2022.

Tant que les droites continueront à vouloir faire plaisir à la gauche, sans s’occuper de leur base électorale ni des classes moyennes en voie de déclassement, les gauches resteront hégémoniques. Si toutefois, ces gauches avaient de bonnes politiques et n’étaient pas obnubilées par le wokisme et autres projets sociétaux, cela serait sans trop de conséquences néfastes.

La droite devrait se remémorer cette citation d’André Malraux : « Le RPF, c’est le métro à 6 heures du soir. »

Le programme devrait idéalement se concentrer autour des trois axes suivants : limiter les missions de l’Etat au régalien, réindustrialiser le pays, déréglementer l’économie et baisser significativement la pression fiscale. 

Arrêtons de rêver, les droites sont trop molles et trop gauches pour le moment. 

Donald Duck

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