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Qu’est-ce qui nous pousse à toujours ramper ?

La lâcheté, la veulerie, la trouille ?

Notre plus grande erreur est la faiblesse de notre crédibilité dans nos valeurs judéo-chrétiennes.

Nous ouvrons nos portes à ceux qui véhiculent la haine de l’autre en nous efforçant de comprendre pour justifier leur rage meurtrière. Nous entrons dans le royaume du n’importe quoi sous le dieu : woke devant lequel il faut que nous battions notre coulpe.

Salman Rushdie fut poignardé par un islamiste le 13 août près de New York lors de sa prise de parole en conférence. Agression au couteau, car c’est ainsi que l’on égorge le mouton pour l’Aïd el-Kébir.

« Rien ne justifie une fatwa, une condamnation à mort », s’indigne Riss, le directeur de Charlie Hebdo. C’est la preuve que le fanatisme religieux ne désarme pas ni ne renonce. L’islamisme veut nous faire baisser le regard pour renoncer à notre libre-arbitre. C’est la barbarie qui marche sur la civilisation. Khomeiny a infligé le pire coup au prestige de l’islam. En fait, le leader iranien a souligné que l’islam et le respect du prophète de l’islam n’ont jamais été qu’un prétexte et un outil pour garder le pouvoir. Ce n’est pas en assassinant le colonel Beltrame, l’enseignant Samuel Patty, le père Hamel, le professeur Hitosshi Igarashi que nous renoncerons à notre liberté de penser.

Pour tout écrivain, Salman Rushdie reste le symbole de la lutte contre l’obscurantisme religieux, en l’occurrence islamiste ! Mais aussi celui de la liberté d’expression, la seule qui vaille quand on a la prétention d’user des mots.

Sempé dit de ses héros:

« Ils étaient à l’opposé de notre époque geignarde et souillonne qui, à force de vouloir tout dénoncer, a perdu le sens du beau et du friable.» Mais c’est l’incompréhension du peuple français devant la suspension par le tribunal administratif de Paris de l’expulsion de Hassan Iquioussen vers le Maroc. Le ministre de l’Intérieur fait valoir que cette expulsion est justifiée par le fait que « ce prédicateur fiché S depuis près de 18 mois tient depuis des années un discours haineux à l’encontre des valeurs de la France contraire à nos principes de laïcité et d’égalité entre les femmes et les hommes».

La préfecture du Nord précise qu’il est aussi accusé d’inciter «à une forme de séparatisme» et d’alimenter «des thèses complotismes autour de l’islamophobie », de tenir un discours haineux envers «l’égalité entre les femmes et les hommes» ou encore de développer des « thèses antisémites».

Les juges dhimmis considèrent que cette mesure porte une atteinte disproportionnée à la vie familiale de cet imam… ! Boualem Sansal conclut : « Annuler cette expulsion est une belle victoire offerte aux forces du mal, tapies dans les replis de la société française ».

L’attitude effacée du recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Essine Hafiz, interpelle devant

son intransigeance pour le respect des valeurs républicaines en s’alliant avec Musulmans de France, la branche française des Frères musulmans! Sa panne de taqîya le 13 août 2022 est flagrante : « Les Croyants se prosterneront alors que les mécréants ne le pourront guère, leur dos restera raide et lorsque l’un d’eux souhaitera se prosterner, sa nuque partira dans le sens comme les mécréants dans ce monde, contrairement aux Croyants. »

Quelle apologie du terrorisme! Pour incarner « l’esprit de la nouvelle génération d’Européens », Bruxelles promeut le FEMYSO, « faux nez de l’islamisme » qui est à l’origine de la campagne pro-voile

du Conseil de l’Europe. Une émanation transnationale de l’Union des organisations islamiques en Europe, proche des Frères musulmans, qui représente le courant fondamentaliste de l’islam en Europe. La place est libre pour l’islamisme qui n’oublie jamais. Nous, si. En voulant tuer Salman Rushdie, l’islamisme veut tuer notre liberté de pensée. Nous inventons le mot-valise « islamisme », alors qu’il faut parler de « fanatisme ». Cette infamie décrédibilise l’islam tant que ses autorités ne voudront pas comprendre qu’une société peut évoluer pour s’adapter à la modernité sans renier ses valeurs.

La haine est-elle une tristesse ? dit Spinoza. La haine est tout le contraire de la relation sociale qui a pour vertu de nous faire comprendre l’altérité. Elle fait que les frontières deviennent des murs. Spinoza conclue : la haine fait naître la haine en retour. Prétendre dissoudre par la grâce de la démocratie cette divergence de l’idée religieuse relève du suicide sociétal comme la fin de la république de Weimar. Carl Schmitt l’annonce : « Tout antagonisme religieux, moral, économique ou autre se transforme en antagonisme politique dès lors qu’il est assez fort pour provoquer un regroupement effectif des hommes en amis et en ennemis. » Raymond Aron comprend la situation : « Il faut bien comprendre l’ennemi comme problème politique pour le bien comprendre comme problème moral. » En reconnaissant cet acte de barbarie civilisationnelle, c’est donc l’Islam en tant que religion, culture, philosophie et morale qui est perçu aujourd’hui comme inassimilable à la société moderne. C’est à ceux qui font autorité religieuse musulmane de gérer ce problème pour participer à une coexistence fraternelle sans oublier que les premières victimes de cette tragédie sont les musulmans croyant en la paix de leur religion. Quand on inspire le respect, on n’a pas besoin de lancer des fatwas pour être crédible. Le respect n’est pas dû, il se mérite. Redonnons, comme disait Maritain, « la primauté au spirituel ».

Pour l’espoir, il existe des images lumineuses auxquelles se référer. Rushdie a l’immense qualité de prendre ses lecteurs pour des êtres intelligents à l’opposé des commanditaires islamistes. Le délit de littérature, le vrai délit d’initié, est de plus en plus rare. Attaquer les écrivains ne les fait pas taire. Cela ne fait qu’amplifier leur voix !

Le défi de Rushdie de rester vivant est un motif d’espoir : c’est son et notre triomphe !

Gérard Cardonne

Écrivain

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