Avant d’aimer, on aime déjà

Ce que je trouve très troublant, c‘est que nous changeons sous l’effet d’un manque, sous l’effet de la joie, de la souffrance … Sous l’émotion, les émotions. Mais jamais par décision consciente ou rationnelle.

Jamais par l’effort qui ne repose sur rien. « Ex-nihilo » n’existe pas. Rien ne vient du néant. Il n’y a pas de néant. 

Avant « rien », il y avait déjà quelque chose … 

Avant d’aimer, on aime déjà. Sans l’avoir rencontré. On aime déjà un rêve d’amour, une idée de l’amour. 

Avant de devenir quelqu’un d’autre, quelqu’un qui est à la fois un nouveau soi, mais aussi et toujours, cet ancien soi, il y avait déjà le rêve secret de notre moi changé.

Ce que j’essaie de dire, c’est que le vide n’existe pas. Il y a toujours quelque chose dans le silence de soi, dans l’absence à soi, dans la fuite ou le refus, dans l’immaturité, dans l’irresponsabilité. 

Avant d’être moi, j’étais déjà tout moi mais sous une autre forme, une forme en préparation. En cours d’amélioration. Tu comprends ? J’attendais le meilleur moment de devenir qui je suis aujourd’hui … 

C’est donc vrai : on ne devient que ce que l’on est. 

Il y avait celui ou celle que j’allais devenir, que je voulais devenir. Mais j’attendais d’en avoir la force. Il faut la force de nos rêves, la force de soulever nos incapacités, de nous dépasser, de se dresser sur la pointe des pieds pour être plus haut que soi. 

C’est là le seul défi qui vaille. Être plus haut que soi. A l’infini.

Je me demande ce qu’il y a de meilleur que l’extase de s’escalader pour se dépasser. La joie que l’on en retire n’a d’égal que la naissance. Peut-être même que c’est encore une naissance que de devenir un peu plus soi. S’agrandir. 

Pour lui souhaiter un bon anniversaire  elle lui avait dit : « bon agrandissement ! »

On avait ri. 

C’est maintenant, que je comprends. 

Martine Benz. [Divine Marquise]®️

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