Il y a deux façons de voir les élections de mi-mandat. L’une est comme un simple référendum sur Donald Trump, sur le coût de la vie et la guerre en Iran, l’autre sur le projet de société : socialisme contre capitalisme, gouvernement interventionniste contre gouvernement limité, et la destruction des institutions et traditions séculaires contre leur préservation et leur renouveau. Autrement dit, le choix entre le socialisme teinté d’islamisme et l’exceptionnalisme américain avec le capitalisme.
Donald Trump aurait pu laisser les candidats du parti Républicain faire campagne et prendre acte des résultats électoraux. Or, il sait que seul son nom motive ses électeurs. Il fait donc le show à travers plusieurs meetings de campagne pour aider les candidats.
Les midterms américaines du 3 novembre 2026 s’annoncent comme un moment de vérité pour Donald Trump et le Parti républicain.
Historiquement, au cours des midterms, le parti au pouvoir perd la chambre des représentants qui est entièrement renouvelée et parfois le Sénat dont le renouvellement n’est que partiel.
Actuellement, Donald Trump voit sa cote de popularité historiquement basse (autour de 32 à 42 % selon les enquêtes récentes), tandis que les démocrates entrevoient la possibilité de reprendre le contrôle du Congrès.
La hausse des prix du pétrole, la guerre en Iran qui est impopulaire pour ses opposants amplifient les risques pour les républicains.
Listons ses accomplissements que ses électeurs reconnaissent malgré la faible exposition médiatique par la presse mainstream : la crise de l’immigration illégale à la frontière a pris fin avec la réduction des importations de drogues et l’affaiblissement des cartels, l’inflation a été fortement réduite par rapport aux niveaux sous Biden malgré la hausse des prix du gallon avec la guerre en Iran, les taux de criminalité sont nettement plus bas, les capitaux ont afflué aux États-Unis sous forme d’investissements créateurs d’emplois, l’économie est dynamique portée par un puissant effet richesse lié aux records de Wall Street, les alliances de la Syrie, du Venezuela et de Cuba avec l’axe russo-chinois ont été démantelées.
Depuis le déclenchement de la guerre, le régime iranien est étranglé (et ses proxies aussi) à un coût presque nul en vies américaines, les flux de pétrole sortant par le détroit d’Hormuz retrouvent les niveaux d’avant-guerre. Les accords d’Abraham vont connaitre une expansion à d’autres pays. L’Ukraine et la Russie vont discuter prochainement sous la médiation des Etats-Unis d’une cessation de la guerre.
Donald Trump vient de se voir offrir un cadeau de campagne. Il peut remercier Paris.
D’ailleurs, il s’en sert avec un clip de campagne montrant les dégâts à la suite des émeutes et pillages du 17 octobre en France avec le discours suivant : « Si vous voulez voir ce qui est en jeu dans cette élection, regardez ce qui se passe en France, une nation autrefois grande qui est pillée et brûlée jusqu’au sol par des migrants, des djihadistes et des communistes qui haïssent le christianisme et la civilisation occidentale elle-même. »
Il n’est pas le seul à blâmer la France.
Ken Griffin, PDG de Citadel, un des plus gros hedge fund, critique la France et le socialisme… « Paris devrait être un véritable appel à l’éveil pour chaque Américain. Les dépenses publiques représentent 60 % de leur PIB. C’est le rêve socialiste dont parle la gauche. Ce rêve se résume à combien vous pouvez prendre aux autres. Cela n’a pas sa place en Amérique. »
Un tournant pour le parti républicain qui réussira à sauver la mise malgré une campagne mal engagée ?
Il est dommage pour Trump et le parti Républicain que l’objectif de la guerre en Iran n’ait pas réussi à être expliqué au peuple américain. Il aurait très bien pu laisser ce dossier à son successeur.
Le président aurait dû défendre plus efficacement l’idée qu’une hausse temporaire du prix de l’essence n’était qu’un faible prix à payer pour prévenir l’arme nucléaire iranienne capable de menacer l’ensemble du Moyen-Orient et du monde occidentale. Dès le départ, il aurait pu clairement exposer ce que cela coûterait, pourquoi c’était important, et demander la détermination, le sacrifice et le soutien du peuple américain.
De nombreux américains ne comprennent pas les dangers d’un régime de millénaristes extrémistes muni d’armes nucléaires et de missiles intercontinentaux. Que valent les débats sur le coût de la vie face à ces dangers ? Lors de la crise des missiles de Cuba, le danger atomique était plus prégnant dans la société américaine.
Pas grand monde ne réalise que la chute du régime iranien qui a choisi la voie du terrorisme serait le bond le plus grand vers la paix au Moyen-Orient et dans le monde depuis des générations.
Il faut reconnaître que la chance du parti républicain est l’orientation prise par le parti démocrate.
Ce dernier, au lieu de se recentrer et d’être l’héritier de Roosevelt, de JFK et de Clinton, a pris la direction de l’extrême gauche. Le parti a abandonné le centrisme depuis 2008. Il suffit de voir les candidats en lice pour les midterms : un mélange de socialo-communistes et d’islamistes. Une sorte de tiers-mondisation du parti mélangée au palestinisme.
Vous avez aimé la bordelisation de l’Assemblée nationale ? Vous allez aimer celle du Congrès.
De quoi faire fuir les électeurs indépendants.
Et pourtant, comme en France, des profils communistes, islamistes à l’instar d’AOC, d’Ilhan Omar, de Rashida Tlaib trouvent leur électorat, ce qui ne fait qu’exacerber les inquiétudes quant au radicalisme des Démocrates.
Malheureusement, ce genre de profil ne semble pas gêner une majorité d’électeurs. Les sondages donnent un avantage aux démocrates pour remporter la Chambre des représentants.
Au Sénat, la majorité républicaine reste sous pression.
Les républicains détiennent actuellement 53 sièges contre 47 pour les démocrates. Trente-cinq sièges sont en jeu. Pour reprendre la majorité, les démocrates ont besoin d’un gain net de quatre sièges, afin d’atteindre 51 à 50-50, le vice-président J.D. Vance départagerait en faveur des républicains.
Listons quelques courses clés qui détermineront le vainqueur.
Caroline du Nord : l’ancien gouverneur démocrate Roy Cooper fait figure de favori face à Michael Whatley, allié de Trump. C’est le siège le plus susceptible de basculer.
Ohio : l’ancien sénateur démocrate Sherrod Brown tente un retour face au républicain John Husted dans une course très serrée.
Maine : la sénatrice républicaine Susan Collins, figure modérée, est sérieusement menacée par le démocrate Troy Jackson.
Texas : le démocrate James Talarico, figure émergente et progressiste, défie le procureur général républicain Ken Paxton dans un bastion républicain depuis 1993. Les républicains ont déjà investi des sommes colossales pour défendre ce siège.
Alaska, Iowa, Kansas : des États rouges où les démocrates peuvent créer la surprise.
Côté démocrate à défendre : la Géorgie (Jon Ossoff), le New Hampshire (siège ouvert après le départ de Jeanne Shaheen). Le Michigan (le progressiste islamiste Abdul El-Sayed face au républicain Mike Rogers) est le siège qui serait le plus susceptible de basculer républicain si une majorité d’électeurs refusent d’élire un profil extrémiste.
Les analystes estiment désormais que les démocrates ont une chance de faire basculer le Sénat, un scénario jugé improbable il y a encore quelques mois.
On peut envisager raisonnablement que le Sénat restera aux mains des Républicains d’une courte majorité entre 50 et 52 sièges.
Si les démocrates remportent la Chambre (scénario le plus probable) et éventuellement le Sénat, les deux dernières années de Trump s’annoncent conflictuelles, marquées par des investigations, des blocages budgétaires et une paralysie législative. Une vague démocrate plus large pourrait aussi redessiner le paysage politique en vue de 2028.
À l’inverse, un maintien républicain dans les deux chambres renforcerait considérablement la main de Trump. Mais avec une popularité en berne et un électorat préoccupé avant tout par son portefeuille, le chemin s’annonce difficile pour le camp sortant.
Le 3 novembre, les Américains ne choisiront pas seulement leurs représentants : ils rendront un verdict sur deux ans de présidence Trump et sur l’orientation qu’ils souhaitent prendre : une Amérique capitaliste ou une Amérique socialiste.
Donald Duck