Et ça va très vite. Enquête bouclée en 15 minutes. Expertise psychiatrique dans la foulée, négative… et puis interruption du débat avec la déclaration du « président », campé sur ses deux jambes, les poings serrés, la mâchoire crispée dans une moue de haine, affichant un air martial. Je redoute ses mots. Il se lance : « c’est un crime terroriste raciste… « .
Je cache mal ma colère en l’écoutant… Pendant qu’il déballe son prêche, je me dis que pour le meurtre de Sarah Halimi il a fallu 10 ans pour que le caractère antisémite de son meurtre soit reconnu. Pour celui de la petite Philippine, on a cherché à occulter la nationalité du monstre qui l’a assassinée. Pour Thomas, que de temps perdu avant de mettre en lumière la nature du racisme « anti-B lanc » qui lui a coûté la vie. Et quant aux attentats qui ont ensanglanté la France, Père Hamel, rue des rosiers, Bataclan, Nice, que dire… sinon que c’est du bout des lèvres qu’on prononce à contre cœur, en freinant des quatre fers, avec toutes les précautions nécessaires, le mot « islamiste ».
D’ailleurs on ne le dit pas, on le chuchote. Par peur ou pire, par soumission.
Mais qu’un meurtre ou un drame puisse servir la « cause », voilà une manne tombée du ciel, et qui, dans la situation que nous connaissons, saura braquer les projecteurs vers l’extrême-droite puisqu’on l’a compris, le danger qu’il représente reste dans les esprits simples, le péril suprême, un péril pire encore qu’une guerre civile.
Si Macron avait voulu jeter du kérosène sur le brasier qu’il a créé de ses propres mains, il ne s’y serait pas pris autrement qu’en venant rouler les mécaniques, avec dans un coin de son esprit tordu, la satisfaction, enfin, de pouvoir porter un coup au RN qu’il rend responsable du climat actuel par l’idéologie qu’il diffuse.
Tout est question d’opportunités. C’est ce qu’il a fait ce 23 octobre avec l’irresponsabilité qu’on lui connaît depuis dix ans.
Nestor Tosca