Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Brennos reste éveillé l’ami, en ce jour sort de ton lit !

En cet an 82 av. J.-C. Brennos ouvre la taverne Au Zinc des Chênes en sifflant. Notre ami est guilleret, ce matin il passe le balai sur le seuil et salue Galopinus et Jeamichelum qui pénètrent dans la taverne.

Galopinus : — Brennos, il n’y a plus de cendres dans l’âtre… Tu as enlevé les cendres divinatoires ?

— Oui, répond Brennos, tout est clair désormais. Gwio le druide m’a éclairé sur la manière d’interpréter ces symboles : le cercle et les trois lignes.

Jeamichelum sourit et enchaîne :
— Alors reste éveillé, mon ami le barbu tavernier.

Brennos sert trois cervoises et répond :
— Éveillé, je le suis. Mais ne confonds pas intention et privilège. Se croire en droit d’exiger du monde ne sert à rien. Le monde est riche… et vous aussi.

Galopinus fronce les sourcils : 

 — Si le monde est riche, pourquoi ma bourse est-elle pauvre ? Il doit y avoir une erreur dans le monde des répartitions des richesses.

Jeamichelum hoche la tête :
— Non, non, tu confonds richesse et pièces en argent. La richesse, c’est ce qu’on n’a pas besoin de compter… donc tu es immensément riche, Galopinus, puisque tu ne comptes jamais rien.

— Ah ! réplique Galopinus, vexé. Donc si je ne comprends rien, je suis un sage ?

— Exactement, répond Jeamichelum. L’ignorance est une forme de liberté… surtout pour ceux qui la pratiquent avec conviction.

Brennos éclate de rire en essuyant une chope :
— Par Toutatis, vous voilà bien partis ! L’un transforme la pauvreté en trésor, l’autre l’ignorance en sagesse… À ce rythme-là, je vais finir par croire que ne rien faire est un art.

Galopinus, très sérieux :
— Mais ça l’est ! Regarde les chats.

Jeamichelum, il parle des chats notre vendeur de rêves, ajoute :
— Et les philosophes bardes taverniers et le monde s’éveille ?

Brennos pose les trois chopes devant eux et conclut :
Écoutez, mes amis… Si être riche, c’est ne manquer de rien, et si être sage, c’est accepter de ne pas tout comprendre, alors buvons à ce que nous sommes déjà : des sages riches… qui ont encore soif.

Le barde du Torchis

Partager cet article :

Facebook
Twitter
LinkedIn