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Qu’est-ce qu’il fait, qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là ?

C’est Frank Leroy en mode déboussolé, la version politique du « caca nerveux », parce qu’il voit son château administratif s’effondrer pierre par pierre. On dirait un majordome qui découvre que le manoir qu’il croyait garder depuis dix ans était construit en carton.

Il a balancé un communiqué où il ne parle que de « bricolage ». Bricolage ? vraiment ?

L’homme qui a passé une décennie à visser l’Alsace de force dans un meuble Ikea appelé Grand Est s’étonne aujourd’hui que les planches se dévissent. Pourtant, c’est son œuvre qui craque, une région fabriquée à la va-vite, contre la géographie, contre l’histoire, et surtout contre les Alsaciens.

Pendant dix ans, F.Leroy et ses gremlins ont expliqué aux Alsaciens qu’il fallait se dissoudre dans un machin technocratique. La Lorraine à gauche, la Champagne à droite, et au milieu un monstre administratif que personne n’avait demandé. Un monstre sans tête, sans âme, sans identité.

Aujourd’hui, ce monstre se disloque et Leroy est en rage. On le comprend… le Dr Frankenstein n’aime jamais voir sa créature tomber en morceaux.

Il suffoque parce que sans l’Alsace, le Grand Est n’a plus la même taille, ni le même poids, ni surtout le même prestige. La fonction rétrécit et le président est anéantit. Le Grand Est sans l’Alsace, c’est un kouglof sans raisins : ça tient, mais ça n’a aucun goût.

Frank Leroy présidait une construction imposée d’en haut. Si l’Alsace s’en va, le verdict tombe : son mandat reposait sur un contresens historique. Dans l’équilibre politique, l’Alsace structurait le Grand Est. Sans elle, tout se décale. Les alliances, les influences, les relais, sautent. C’est comme enlever la pièce maîtresse d’un jeu de Mikado : tout le reste s’effondre, et le président reste planté là, baguettes en main.

Le président Franck Leroy s’était arc-bouté pour maintenir cette région. Elle s’écroule aujourd’hui entre ses mains. C’est une défaite politique nette et humiliante, parce que courir après quelque chose qui part en miettes n’a jamais donné une bonne image. Alors il fulmine. Il assiste à ce qu’il redoutait : la fin du Grand Est. Et surtout, il est forcé de regarder l’Alsace claquer la porte, digne, calme, fière, et intacte.

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement un mouvement administratif. C’est la revanche d’un peuple qui n’a jamais accepté d’être avalé. L’Alsace n’a jamais disparu. Elle attendait son heure. Elle survivait dans ses villages, dans ses accents, dans ses colombages, dans sa musique des marchés de Noël. Elle vivait sous la peau, comme une vérité qu’aucun décret parisien ne pouvait anesthésier.

Maintenant, elle revient. Avec son nom, sa cohérence, sa façon d’exister. Et on exulte, parce que c’est un bonheur rare de voir un abus de pouvoir s’éteindre, et une identité retrouver son souffle.

Qu’il se rassure, le président du Grand Est. Personne ne démantèle rien. On range simplement l’Alsace là où elle était, avant que Paris ne se prenne encore pour un enfant jouant aux Lego. Cette fois, on remet les pièces à leur place. Et le château de Leroy ? Eh bien… on récupère simplement les briques qui nous appartiennent.

Silvia Oussadon Chamszadeh

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