
Une fierté immense pour notre astronaute Sophie Adenot qui vogue au milieu de ses étoiles. Mais le lancement de sa fusée pose une question stratégique abyssale : pourquoi la fameuse Europe et la vieille France ne disposent-elles pas d’une capacité souveraine de vol habité ?
C’est un rêve tellement inspirant : nous avons besoin de plus femmes comme modèles scientifiques non seulement en astronomie, mais dans tous les rôles fondamentaux en politique.
À une époque où tout semble nous ramener vers le bas, voir quelqu’un s’élever à ce point fait un bien immense. Comme quoi, il reste encore des décollages qui ont du sens.
Sophie Adenot nous rappelle que tous rêves ont une trajectoire qui peut mener aux étoiles.
De l’ombre à la lumière et désormais de la Terre à l’ISS en quelques mois, Sophie est sortie de l’anonymat pour devenir une figure nationale authentique. Son histoire fascine. Partie de rien, elle incarne une réussite à la française : travailleuse, née sans privilège particulier, elle s’est frayée un chemin jusqu’à l’espace à force d’exigence.
À des jeunes gens qui lui demandaient les secrets de sa réussite, Sophie Adenot leur a répondu : « Il faut y croire ! »
Vous allez entendre comme moi « Elle est mignonne avec son rêve… », mais il faut s’accrocher ! Le déclic, elle l’a eu à 14 ans, lors du décollage de Claudie Haigneré et ça fait vingt-neuf ans qu’elle s’y accroche.
Ce qui est le plus impressionnant chez Sophie Adenot, c’est sa rage de vaincre, son refus de baisser les bras, jamais, quoi qu’il arrive.
Son CV ferait pâlir d’envie n’importe qui : première femme pilote d’essais d’hélicoptères en France, diplômée d’aéronautique et d’astronautique à ISAE-SUPAERO (l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace) et du Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Elle a accumulé plus de 3000 heures de vol sur 22 types d’hélicoptères différents. Elle parle couramment l’anglais et maîtrise l’allemand, l’espagnol et le russe, tout en étant professeure de yoga certifiée et licenciée de plongée sous-marine…
Dans cette France qui doute souvent d’elle-même, ce destin rappelle que l’ascenseur social n’a pas disparu puisqu’il peut mener jusqu’aux étoiles.
Ramenons cet exploit qui dépasse les dimensions humaines de Sophie à son aspect philosophique : la conquête spatiale est l’une des rares aventures humaines susceptibles de faire oublier autant faire que possible le ridicule de nos querelles intestines.
Tensions, polarisations, peurs dans des discours de déclin et d’effacement qui réduisent la parole de la France à rien, voici un voyage dans les étoiles qui peut lui redonner espoir et fierté.
Les USA l’avaient compris avant nous avec leur aventure symbolique d’Apollo : plus qu’un défi scientifique, c’était une promesse politique.
Beaucoup de ceux qui ont regardé la fusée américaine décoller de Cap Canaveral affirment, avec raison, que des séjours dans la Station spatiale internationale, marcher sur la Lune ou voir s’installer sur Mars coûtent de plus en plus cher et ne rapportent pas grand-chose. Alors même que des robots pourraient rapidement entreprendre ces missions et explorer ces terres si hostiles.
L’homme de l’espace, aujourd’hui au nom de l’universalisme : disons la femme de l’espace est peut-être un projet plus politique qu’économique et scientifique. Mais qu’importe ! Voilà enfin un projet non politique mais populaire, car humaniste face à notre histoire dans l’univers, donc qui fédère un peuple.
L’Europe embrouillée dans son marécage politicien n’a toujours pas perçu combien le retour sur la Lune relancé par les USA nous murmure quelque chose de la puissance et surtout de l’ambition de ce pays.
Elle refuse de comprendre qu’une nation qui explore est une nation qui croit en son avenir ! L’Europe hésite quand elle ne recule pas.
Elle coopère, négocie des sièges, accompagne des programmes américains sur des strapontins. Mais toujours sans écrire le moindre grand récit !
Le peuple de France ne peut oublier la réplique voltairienne du Premier ministre Michel Barnier à une parlementaire harangère : « Madame, plus vous serez vulgaire, plus je serai courtois ».
Un espace sidéral sépare l’harangère et la spationaute : l’une dans l’ordure, l’autre dans le ciel !
On peut plus facilement vivre sans père que sans mère ! C’est celle-ci qui crée la vie ! La femme est l’avenir de l’homme n’en déplaise aux tartuffes religieux !
Elles sont entrepreneuses, influenceuses, artistes, vidéastes, énarques ou mères de famille nombreuse. Ce ne sont pas des stars auréolées de gloire clinquante dérisoire, mais des figures engagées pour le bien de la société, mues par une réponse qu’elles donnent à ce dialogue permanent entre vie intérieure et enracinement.
Sans chercher reconnaissance ou notoriété, fuyant la plupart du temps les mondanités, ces femmes assument simplement mais pleinement leur vocation, cherchant inlassablement le bien et le bon pour le transmettre autour d’elles, à leur niveau, dans leur famille, association ou bureau. Ce sont des petites sentinelles lumineuses !
Une intériorité qui irrigue leurs journées et malgré les obstacles, une foi capable de déplacer les montagnes.
Ce message s’adresse donc à ceux qui croient au Ciel ou qui n’y croient pas.
Car tous suivent Bernanos quand il nous dit : « on ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas tout d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure ».
Quelle honte quand on voit la déliquescence féminine mise à l’honneur avec des politiciennes d’arrière-garde éructant leur vulgaire haine sociale et qu’en face se lève une Marie-Laure Buisson, colonel de la Réserve citoyenne de l’armée de l’Air, légionnaire de première classe à titre honoraire et marraine du 4e régiment étranger. Ses titres illustrent l’expression de son engagement et elle espère à son tour infuser chez d’autres « l’esprit de défense ».
Des femmes engagées au service de la beauté, de la liberté et de la vérité dont chacun peut s’inspirer.
Merci Sophie Adenot pour ton message de liberté et d’espoir en quelque chose de beau… enfin !
Tous les rêves ont une trajectoire. Le tien nous fait rêver au milieu de tes étoiles.
Tu fais partie de ces femmes, sentinelles lumineuses au sein de notre société en déliquescence, qui nous rappellent le Sursum corda : l’inscription que j’ai lue sur l’une des tours de la Sagrada Família à Barcelone, en qualité de la prière eucharistique…
Encore merci pour nous faire rêver : c’est un mot qui a disparu de notre dictionnaire !
Gérard Cardonne
Reporter Sans Frontières