Lionnel Jospin, ancien Premier ministre, vient de décéder. On connaît Jospin pour la mise en place des 35 heures, aidé en cela par Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn. Ce que l’on connaît moins, c’est le rôle qu’il a joué dans la destruction de l’industrie nucléaire française.
Superphénix était un réacteur nucléaire situé dans l’enceinte de Creys-Malville, en bordure du Rhône. À l’origine, il s’agissait d’un prototype de réacteur à neutrons, faisant suite aux réacteurs expérimentaux Phénix et Rapsodie.
En 1994, un décret transforma Superphénix en réacteur de recherche et de démonstration. Son nom s’inspire du mythique oiseau Phénix, qui renaît de ses cendres, tout comme le nouveau combustible nucléaire au plutonium provenait des « cendres » du combustible usé.
Afin d’anticiper la croissance des besoins énergétiques et de tenir compte des limites de l’extraction de l’uranium, ce prototype avait vingt ans d’avance sur ses concurrents russes, américains et chinois. Dans ce scénario, seuls les réacteurs dits « surgénérateurs » apparaissaient durables pour les cinquante années à venir. La conception de Superphénix, réalisée par le Commissariat à l’énergie atomique, préfigurait une filière de production d’énergie rapide, novatrice et efficace.
L’année 1996 a été la meilleure année de production électrique de la centrale. Fin 1996, elle fut arrêtée pour six mois dans le cadre d’un contrôle décennal des générateurs de vapeur.
Le 19 juin 1997, Lionnel Jospin annonça que « Superphénix sera abandonné ». Parmi les raisons invoquées figurait le faible prix de l’uranium, qui ne justifiait plus les investissements dans cette filière. Mais ces raisons , coût prohibitif, difficultés industrielles, etc. furent toutes démenties par une série de rapports, confirmant le caractère strictement politique de la décision.
En effet, en vue des élections à venir et afin d’obtenir le ralliement des écologistes aux candidats du PS, un accord imaginé par Martine Aubry (pour le PS) et Dominique Voynet (pour les écologistes) stipulait la fin du développement de l’énergie nucléaire en France, et notamment du projet Superphénix. C’est cet accord d’arrangement entre le PS et les écologistes que venait d’approuver Lionnel Jospin.
Cet arrêt du programme Superphénix constitua un énorme gâchis financier, coûtant environ 25 milliards de francs à l’époque : 12 milliards pour l’entretien des structures et plus de 16 milliards pour la démolition. Il n’existait aucun processus décisionnel sérieux. Seul un intérêt politique à court terme, en faveur du PS, avait motivé cette décision.
Rappelons que cet accord scélérat n’empêcha pas Jospin de perdre l’élection présidentielle de 2002. Ce gâchis fut d’autant plus indécent que tous les plans, rapports d’exécution et rapports intermédiaires furent systématiquement détruits.
Résultats : alors que la France avait vingt ans d’avance sur ses concurrents, elle a aujourd’hui vingt ans de retard. Elle a perdu non seulement sa centrale nucléaire, mais aussi son savoir-faire, ses compétences particulières et les contrats commerciaux indispensables à cette activité.
Jospin, fossoyeur de l’industrie nucléaire : un bilan qui aura coûté à la France en milliards d’euros, en savoir-faire, en compétences et en opportunités commerciales manquées. Jospin, qui avouera sur le tard avoir toujours été trotskiste et, en tant que tel, ne formulera « ni regrets ni excuses ».
L’idéologie du trotskisme, prônant la dictature du prolétariat, explique qu’il n’éprouvait aucun état d’âme quant à la destruction de l’outil industriel exceptionnel que possédait la France.
Jospin, un énarque qui se croyait parmi les hommes les plus intelligents du monde, n’aura réussi qu’à plomber un peu plus le pays.
Chanoine