Ce lundi 19 janvier 2026, Catherine Trautmann a tenu un point presse pour annoncer sa mesure phare : La création d’un Conseil métropolitain de l’économie.
Selon elle, cet organe consultatif devait « renouer la confiance » avec les acteurs économiques si elle devenait maire. Pour le présider, elle a choisi Nathalie Roos, ancienne cadre dirigeante chez L’Oréal Allemagne, Lipton Teas… Bref, tout ce qui brille.
Nathalie Ross serait donc pour Catherine Trautmann, une figure qui apporterait une caution respectable pro-entreprise et pro-Israël à une candidate qui manque cruellement de crédibilité politique à bien des égards.
Officiellement, tout est limpide. N. Roos n’apparaîtra pas sur la liste PS, parce que faut pas charrier quand même ! Elle agit « en indépendante ». Officieusement, elle prête son nom pour donner à C. Trautmann une apparence de modernité et de sérieux économique. Une façade, en somme, derrière laquelle la politique strasbourgeoise continue de jouer ses petits calculs.
Depuis des mois, C. Trautmann se présente comme une socialiste pragmatique, genre ouverte au dialogue, capable de rassembler au-delà des clivages. Elle clame ses « lignes rouges » : pas d’alliance avec La France Insoumise, pas de second tour avec les écologistes et Jeanne Barseghian, aux côtés de laquelle, elle a gouverné dans l’opposition strasbourgeoise, et qu’elle a aidée à devenir maire de Strasbourg. C. Trautmann veut représenter une gauche apaisée, tournée vers les Strasbourgeois.
Une gauche apaisée ?
Pourtant, la cohérence de ses postures laisse à désirer. Catherine Trautmann reste encartée au PS, elle est financée et soutenue par le parti, et n’a jamais rompu avec les silences et les ambiguïtés de son parti soumis à LFI, même lorsque François Hollande a appelé à voter LFI lors d’une intervention récente sur France Inter. Lors du vote à l’Assemblée nationale le 22 janvier 2026 sur la résolution visant à demander à l’Union européenne d’inscrire la mouvance des Frères musulmans comme organisation terroriste, le PS s’est entièrement prononcé contre ce texte.
La contradiction est encore plus nette lorsqu’on regarde ses actes
Lors des législatives du 30 juin et 7 juillet 2022, Catherine Trautmann marchait en première ligne avec LFI, souriante, (voir photo), pour soutenir son poulain Thierry Sauter. Aujourd’hui, elle clame le contraire et affiche le sempiternel double discours, version PS.
Lors du vote sur le jumelage de Strasbourg avec le camp de réfugiés palestiniens d’Aïda, C. Trautmann a fait mine de dénoncer la précipitation et le manque d’équilibre du texte. Mais au moment de voter, elle s’est abstenue. Ni pour, ni contre. Une esquive lâche sur un sujet hautement sensible, lié à un conflit international et aux accusations de dérives antisémites qui continuent de hanter la gauche.
Et c’est précisément cette duplicité que Nathalie Roos choisit de cautionner. Son mari, Thierry Roos, a été intronisé consul honoraire d’Israël dans le Grand Est en décembre 2025, un rôle symbolique mais engageant, qui implique défense des intérêts israéliens et lutte contre l’antisémitisme.
Malgré cet engagement, Nathalie Roos accepte de prêter son nom à une candidate qui s’abstient sur Aïda et reste silencieuse face aux ambiguïtés LFI. Une contradiction qui ne semble déranger ni l’une ni l’autre.
Poudre aux yeux
Quant au Conseil de l’économie… ce n’est rien d’autre qu’une manœuvre politique, un aveu de faiblesse. De la poudre aux yeux.
Pour les acteurs économiques de la région les stratégies économiques restent absentes, ils n’ont aucun besoin de cet énième gadget : Ils veulent un budget clair, un pouvoir réel, des mesures concrètes comme les baisses d’impôts, et les simplifications administratives.
Ce conseil Machin Truc, n’existera que si Catherine Trautmann est élue. S’il devait voir le jour, il ne serait qu’un salon de bavardage trimestriel, où l’ancienne Maire de Strasbourg et sa nouvelle Groupie serviront thé et petits fours..
À sept semaines du scrutin, ce duo incarne le cynisme à l’état pur : Catherine Trautmann, la socialiste qui se veut Macron de quartier tout en restant branchée sur le PS et Nathalie Roos, épouse de consul, qui le matin se la joue diplomate et le soir cautionne une candidate hésitante et silencieuse sur les sujets sensibles. Et au milieu, un Conseil de l’économie qui ne sert qu’à habiller la campagne d’un vernis de respectabilité qui manque à la gauche française.
Strasbourg 2026 nous offre un spectacle involontairement comique : des ambitions, des calculs, des alliances incongrues, et une hypocrisie affichée sans gêne.
Les deux précieuses… prouvent que même dans la politique locale, on peut être encarté PS, consul-adjacent et opportuniste, tout en se regardant dans le miroir et en se disant : « Nous, on est au-dessus de la mêlée. On les aura ! ».
Pas sûr…
Le popcorn est prêt, la bière est fraîche, et #Strasbourg2026 s’annonce comme le blockbuster politique de l’hiver. A quand Nathalie Roos aux côtés de sa nouvelle copine pour un défilé LFI ?
Qui a dit que la politique locale était barbante ?
Silvia Oussadon Chamzadeh