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17 octobre, la révolution des voyous. L’honneur de Macron en cavale

Huit minutes. Huit petites minutes. Le temps de faire cuire un œuf. Le temps d’un bulletin météo. Le temps d’achever ce que des années de verticalité, de petites phrases et de mépris avaient déjà largement entrepris. 

L’honneur politique ne disparaît jamais d’un seul coup. Il s’effiloche. Il se décolore. Il s’évapore à mesure que le pouvoir se persuade qu’il a toujours raison et que le peuple a toujours tort. 

Ce 17 octobre, aux yeux de nombreux critiques, la fonction présidentielle a encore dévoilé un président qui persiste à se contempler dans le miroir de sa propre suffisance.

Le spectacle avait quelque chose de morbide. On a vu un chef d’État parler encore le langage de l’autorité tandis que le pays n’entendait plus que l’écho de l’arrogance. 

Il existe des chutes tragiques et des chutes comiques. Les premières inspirent la pitié. Les secondes provoquent ce rire amer qui saisit lorsque le prestige tente de survivre à sa propre caricature. 

Le plus accablant pour un dirigeant n’est pas d’être contredit, ni même d’être détesté. C’est de devenir une caricature. À partir de cet instant, chaque parole est reçue comme une réplique, chaque intervention est une mise en scène, et chaque explication devient un numéro supplémentaire dans un spectacle dont le public connaît déjà la fin. Et lorsqu’un chef d’État en arrive là, le problème n’est plus la popularité. Le problème est la légitimité. Si le pouvoir peut survivre à l’impopularité. Il survit plus difficilement au ridicule. 

L’histoire est pleine de souverains que leurs adversaires n’ont jamais réussi à renverser, mais que leur propre image a fini par dévorer. 

Le déshonneur politique commence lorsque la majesté de la fonction cesse d’imposer le respect et commence à susciter le sourire, pas le sourire de l’adhésion, mais le sourire beaucoup plus dangereux de la désillusion.

Le 17 octobre, face à la France à feu et à sang, Macron a définitivement perdu son honneur.

Silvia Oussadon-Chamszadeh

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