Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Warsh à la Fed et Bessent au Trésor. Enfin une politique cohérente pour restaurer la domination américaine

Kevin Warsh vient de prendre la tête de la Réserve fédérale. Avec Scott Bessent au Trésor, ils formeront un tandem puissant. Les deux hommes sont issus du cercle de Stanley Druckenmiller, l’un des plus grands investisseurs macro de sa génération. Connu pour avoir généré des rendements exceptionnels pendant près de 30 ans avec son fonds Duquesne, Druckenmiller est un pragmatique qui gagne de l’argent en anticipant les grands mouvements de l’économie mondiale et de la politique monétaire. Il n’est pas un monétariste théorique, mais il critique depuis longtemps les excès de la Fed, qu’il accuse de créer des bulles en maintenant les taux trop bas trop longtemps.

Dès 2014, Warsh et Druckenmiller écrivaient dans le Wall Street Journal que les politiques ultra-accommodantes de la Fed avaient créé une économie « riche en actifs, pauvre en revenus ».

Les prix des actions et de l’immobilier avaient explosé, enrichissant surtout les détenteurs de capital, pendant que les salaires des classes moyennes stagnaient.

Warsh, qui fut un étudiant de Milton Friedman, défend une vision proche du monétarisme. Pour lui, l’inflation reste avant tout un phénomène monétaire, et non le résultat d’une croissance trop forte. 

Il a abordé au fil des ans l’importance d’une politique monétaire crédible, de règles claires, d’une communication honnête avec le public et de la responsabilité institutionnelle.

Bessent, de son côté, critique ouvertement la « politique monétaire expérimentale de gain de fonction » pratiquée par la Fed depuis 2008 avec un bilan inconsidérément gonflé, des achats massifs d’actifs et des outils d’urgence devenus permanents. Selon lui, cela a brouillé les frontières entre politique monétaire et budgétaire, tout en affaiblissant la crédibilité de l’institution. D’autant que la Fed a suivi une politique biberonnée au keynésianisme.

L’indépendance absolue de la Fed a toujours été en partie un mythe. Greenspan a alimenté les bulles technologiques et immobilières. Bernanke a lancé le Quantitative Easing à grande échelle. Yellen a prolongé le régime de taux zéro (ZIRP, Zero Interest Rate Policy) pendant des années, et comme par hasard pendant les périodes électorales. Les démocrates peuvent remercier Janet ! Quand la dette publique explose, la Fed finit par accommoder le Trésor.

Kevin Warsh ne cherche pas à réformer la Réserve fédérale. Il vise à la redéfinir. Le projet est clair : réduire l’autonomie de la Fed et la subordonner au Trésor, modèle dans lequel la banque centrale fonctionne comme un instrument de la politique nationale.

La politique monétaire, dans cette perspective, n’est pas un exercice technocratique. C’est de l’art de gouverner. Ceci constitue un défi direct au consensus post-Volcker de l’« indépendance » des banques centrales.

Warsh et Bessent veulent clarifier cette réalité avec un nouvel accord inspiré de celui de 1951 : réduire fortement le bilan de la Fed, remettre le risque de taux longs aux marchés privés et mieux coordonner la gestion de la dette.

L’objectif dépasse largement la normalisation monétaire. Selon Bessent, l’année 2026 sera alimentée par un fort rebond de productivité grâce à l’IA, une déréglementation massive, une politique énergétique d’abondance (pétrole, gaz et nucléaire) et un retour massif de l’industrie aux États-Unis. L’ambition est claire. Il s’agit de reconstruire la puissance industrielle américaine, dominer les technologies stratégiques et renforcer durablement la suprématie économique des États-Unis face à la Chine.

Warsh, devra veiller à ce que la politique monétaire ne vienne pas freiner cette dynamique en pénalisant une croissance robuste. Il veut une Fed recentrée sur la stabilité des prix, qui accepte enfin les gains de productivité apportés par l’intelligence artificielle au lieu de les traiter comme un risque inflationniste.

Il s’est même permis de critiquer sur CNBC la Fed et ses modèles du passé face à une économie transformée par l’IA. Il anticipe même de fortes pressions déflationnistes grâce aux nouvelles technologies. Il ne serait pas étonnant d’avoir des prochaines baisses de taux aux USA.

Après quinze ans d’addiction aux taux zéro et aux injections massives de liquidités, ce duo marque un vrai changement de cap. Il s’agit de sortir d’un modèle qui a surtout profité à Wall Street pour bâtir une économie plus solide, avec des salaires réels en hausse et une domination américaine retrouvée.

Le pari est risqué, mais cohérent. Réussir la normalisation du bilan sans provoquer de choc sur les marchés sera le grand test. Au moins, cette fois, on arrête de faire semblant.

En revanche, en Europe, la BCE reste bloquée dans ses vieux modèles keynésiens teintés de bien-pensance climatique. A force d’avoir une BCE idéologisée et politisée, l’Europe va encore reculer économiquement car la BCE semble prête à monter les taux d’intérêts pour lutter contre une hausse des prix liés au pétrole. Quelle hérésie ! Merci Christine Lagarde ! On ne lutte pas contre un choc d’offre avec une hausse des taux. 

Heureusement, les USA ont décidé de mettre aux postes clés de talentueuses et compétentes personnes telles que Scott Bessent et Kevin Warsh.

Donald Duck

Partager cet article :

Facebook
Twitter
LinkedIn