À Strasbourg, la politique locale semble parfois vivre dans un autre monde.
Barseghian avait déjà donné le ton en établissant un lien avec un camp de réfugiés palestiniens en Israël, un camp tenu par des relais du Hamas. Le tollé fut immédiat. La ville protestait, mais l’équipe municipale, poursuivait son chemin, indifférente aux critiques et aux protestations des Strasbourgeois.
Aujourd’hui, Catherine Trautmann reprend le flambeau. À peine installée, elle se lance dans un rapprochement avec Kharkov, reçoit le maire ukrainien et réaffirme le soutien officiel de Strasbourg à une ville en pleine zone de guerre. Ainsi, Strasbourg devient, par procuration, un acteur de la politique internationale. La maire s’invite dans des affaires qui ne sont pas les siennes, laissant de côté les enjeux locaux pourtant urgents.
Dans les deux cas, le constat est le même. La gauche municipale sort de son rôle, s’affiche à l’international et ignore les priorités de sa propre ville. Elle choisit de soutenir des causes en négligeant l’économie, le tissu social et la paupérisation grandissante à Strasbourg. Pendant ce temps, des familles s’enfoncent dans la précarité, des quartiers déclinent, et personne à l’Hôtel de Ville ne semble vraiment s’en inquiéter.
Les prises de position de G. Trautmann et de J.Barseghian illustre un travers récurrent de la gauche menée municipale qui a toujours le nez dans les des autres plutôt que de gérer celles de son propre pays ou de sa propre ville. L’internationalisme y devient un prétexte pour masquer l’incapacité ou la désinvolture face aux problèmes locaux, et Strasbourg, reste en suspens.
À Kharkov, rien ne garantit que la ville restera ukrainienne. Située près de la ligne de front, elle peut tomber à tout moment aux mains des Russes. Strasbourg serait alors liée par un engagement improvisé comme elle elle liée à une organisation terroriste ? La question mérite d’être posée. Quant à la situation sociale et économique de Strasbourg, elle est ignorée, comme si “ses pauvres” ne méritaient d’attention que lorsqu’ils sont à l’extérieur de la ville.
Il faudra peut-être qu’un jour un maire se penche enfin sur Strasbourg pour ce qu’elle est réellement : une ville dont il faut soutenir l’économie, protéger la population et préparer l’avenir. Non pour briller dans les journaux internationaux, mais pour servir ceux qui vivent ici.
Chanoine