Tout près des élections municipales, Strasbourg traverse une lassitude profonde. Elle s’exprime dans le quotidien : une ville jugée plus sale, entravée par des chantiers permanents, marquée par une insécurité devenue habituelle. À cela s’ajoute un sentiment de désorganisation et de distance, nourri par une majorité municipale accusée d’avoir gouverné davantage selon une logique idéologique que selon les exigences concrètes de la gestion urbaine.
Près de deux Strasbourgeois sur trois refusent la reconduction de l’équipe sortante, et une majorité estime son bilan insatisfaisant. Ce rejet n’est ni passager ni émotionnel. Il s’est installé dans la durée et traduit une rupture de confiance entre la municipalité et une large partie des habitants.
Dans ce contexte, un paradoxe s’impose. Alors que la gauche municipale est largement contestée, une partie de l’électorat envisage un report vers Catherine Trautmann, ancienne maire socialiste. Ce choix pose un problème de cohérence politique. Catherine Trautmann n’incarne ni une rupture ni un renouvellement. Elle représente le socialisme municipal avec ses réseaux, ses pratiques et sa culture de pouvoir. Écarter les écologistes pour revenir à cette gauche-là ne constitue pas un changement, mais un retour à un modèle que les électeurs disent précisément vouloir dépasser.
C’est dans cet espace, entre rejet de la majorité sortante et absence d’alternative crédible à gauche, que se situe Jean-Philippe Vetter. Élu municipal depuis 2014, il s’est imposé comme une figure clairement identifiée du centre-droit, attachée à une gestion rigoureuse et pragmatique. Contrairement à d’autres candidats apparus tardivement, Jean-Philippe Vetter est identifié depuis plus de dix ans par les Strasbourgeois comme un élu d’opposition constant, présent au conseil municipal, dans les quartiers et dans les débats locaux. Il intervient de longue date sur des sujets précis : sécurité, propreté, fonctionnement des services municipaux, conditions de travail des agents. L’épisode de la brigade cynophile, pourtant essentielle au dispositif de la police municipale, affaiblie puis marginalisée, illustre une critique récurrente de sa part : des décisions prises sans méthode, sans suivi, sans vision d’ensemble.
Le projet qu’il défend s’inscrit dans une logique municipale assumée. Il ne repose pas sur des marqueurs idéologiques, mais sur des priorités concrètes : amélioration de la sécurité, retour à un niveau de propreté acceptable, circulation plus lisible, attractivité économique renforcée. L’objectif affiché est d’obtenir des résultats mesurables rapidement, sans augmentation de la fiscalité locale. Des mesures ciblées, notamment à destination des seniors, complètent cet ensemble. Le fil directeur est clair : remettre la gestion au cœur de l’action municipale.
Un constat revient fréquemment chez les habitants : le sentiment d’être tenus à l’écart des décisions. Cette critique vise moins l’absence de dispositifs participatifs que leur caractère souvent formel. Jean-Philippe Vetter propose une organisation municipale plus décentralisée, avec de réels pouvoirs confiés aux élus de quartier, des conseils de quartier dotés de moyens effectifs, et un dialogue direct et régulier entre le maire et les Strasbourgeois. L’enjeu n’est pas de multiplier les consultations symboliques, mais de raccourcir les circuits de décision. Il s’engage également à une pratique institutionnelle respectueuse de l’opposition municipale, considérant qu’une proposition doit être examinée pour son contenu, non pour son origine politique.
Sa ligne politique est lisible. Il a refusé les alliances de circonstance. Pas d’accord avec le Parti socialiste, pas d’ambiguïté avec les macronistes d’Horizons, pas de rapprochement avec le Rassemblement national. Il assume une position de centre-droit de gestion, républicaine, sans radicalité. Dans un paysage local fragmenté, cette cohérence constitue un repère pour une partie importante de l’électorat.
Reste une objection majeure : l’écart dans les sondages. Jean-Philippe Vetter accuse environ douze points de retard sur Catherine Trautmann. Pris isolément, cet écart peut sembler rédhibitoire. En réalité, il ne l’est pas dans une élection municipale comme celle de Strasbourg. D’abord parce qu’un sondage mesure des intentions au premier tour, à un instant donné, dans un contexte d’abstention élevée et d’indécision massive. Une partie importante de l’électorat se décide tardivement, ce qui favorise les candidats identifiés et stables, au détriment des candidatures de circonstance. Ensuite, la fragmentation du premier tour affaiblit les candidatures isolées. Trautmann capte une partie de l’électorat de gauche, mais pas au-delà. Vetter, au centre-droit, peut mobiliser des voix dispersées, y compris parmi les électeurs modérés d’Horizons déjà très critiques de leur camp, ou des votants utiles issus du Rassemblement national, et des abstentionnistes qui choisissent désormais une alternative crédible.
Autrement dit, un écart de douze points n’est pas infranchissable. Il peut se combler par les reports logiques d’électeurs qui veulent tourner la page de la gauche municipale sans revenir au socialisme d’hier ni basculer dans une impasse. La dynamique se construit sur la lisibilité, la cohérence et la crédibilité du projet, des qualités dont Jean-Philippe Vetter dispose.
Quelle que soit la configuration finale, la gauche apparaît divisée, tandis que le centre-droit dispose d’une candidature identifiée, cohérente et constante. Dans une ville où l’abstention reste structurellement élevée, cette lisibilité compte.
Le choix est désormais clair. Dire non à la gauche tout en votant pour une figure de gauche n’est pas cohérent. Reconduire la majorité écologiste n’est plus crédible. Strasbourg a besoin de sécurité, de stabilité et de gestion sérieuse. Jean-Philippe Vetter incarne cette alternative.
Le 15 mars, les Strasbourgeois peuvent rompre un cycle. Non par colère ou idéologie, mais par lucidité, et surtout par responsabilité. Cette fois, le changement est à la portée des strasbourgeois c’est le moment de le saisir.
Chanoine