« Joyeux Noël », « bonnes fêtes », « fêtes d’hiver ou de fin d’année ».
Noël est une réalité historique, culturelle et issue d’une tradition religieuse. Dire « Joyeux Noël » n’exclut personne. Dire « bonnes fêtes » non plus. Chacun choisit. Point.
Transformer une formule de politesse en champ de bataille idéologique est dérisoire. Cela ne protège aucune minorité, n’élève aucun débat, et détourne l’attention des vrais problèmes.
Ce faux débat n’est pas né du peuple. Il apparaît à la fin des années 1990 et surtout dans les années 2000, dans des milieux précis : administrations, institutions, cabinets politiques, services de communication. Ce ne sont pas des revendications sociales, mais des peurs : peur de la plainte, de l’accusation de discrimination. C’est devenu une logique bureaucratique de précaution.
La polémique est importée du monde anglo-saxon, notamment des États-Unis, avec le sempiternel « Merry Christmas vs Happy Holidays ». Transposée mécaniquement en France, elle devient artificielle. La France n’a ni la même histoire, ni le même rapport aux identités.
Ici, Noël est à la fois religieux, culturel et populaire. La laïcité n’a jamais exigé l’effacement des traditions, seulement la neutralité de l’État.
La victimisation fabriquée
Pour justifier ce recul, on invoque « les musulmans ». C’est le cœur du mensonge.
La grande majorité des musulmans en France n’a rien demandé. Ils savent que Noël fait partie de l’histoire et du paysage français. Ils n’y voient ni agression ni provocation.
Parler à leur place, décider ce qui devrait les offenser, est profondément méprisant. Cette victimisation imposée enferme les musulmans dans un rôle de victimes permanentes qu’ils ne revendiquent pas. Elle crée des tensions imaginaires et fracture la société.
Ce débat révèle une gêne croissante vis-à-vis de l’héritage chrétien européen, une confusion totale entre laïcité et effacement culturel, et une classe dirigeante plus soucieuse de symboles que de cohésion réelle.
Il révèle surtout la désespérance d’une gauche qui se déshabille, qui renonce à transmettre, qui confond critique et autodénigrement, et que l’on a vue plonger et se noyer dans une haine de soi devenue sa doctrine.
On ne supprime pas Noël : on le vide. On garde les guirlandes, les marchés, la consommation. Mais on efface le nom, le sens, l’histoire. Les apparences sans le fond et ce sont bien les symboles parfaits du renoncement. Personne ne manifeste contre « Joyeux Noël ». Personne ne porte plainte pour une carte de vœux.
Lâcheté politique
Il s’agit d’une lâcheté politique croissante, comme si la guerre civile était imminente. Ils anticipent, s’autocensurent, neutralisent. Ils appellent cela l’inclusion. C’est en réalité une désertion culturelle. Dire « Joyeux Noël » n’est pas un acte politique. En faire un problème, oui.
Ce n’est pas Noël qui pose problème.
C’est le renoncement à se nommer soi-même.
Séraphine