Ferme les yeux et imagine qu’on s’aime.
Les deux. Heureux.
Qu’on s’aime en même temps.
Qu’on en ait le droit.
Qu’on ait le choix.
Imagine qu’on se mette à croire
Dans les amours heureuses,
Qui durent,sont pures,
Simples et lumineuses
Comme un été d’enfance.
Imagine qu’on se comprenne,
Qu’on ait les mêmes mots
Pour se dire les mêmes choses,
Qu’on ose s’avouer, tout s’avouer,
Tout ce que nous nous sommes
Cachés, à nous, aux autres.
Tu sais, comme quand on ne se dit pas qu’on a mal,
Qu’on a été cabossé,
Que, grâce à D.ieu, on s’est relevé, élevé …
Imagine qu’on puisse y croire, un soir.
Un seul soir.
Croire que nous pourrions avoir un avenir.
Tu imagines …? Être l’un à l’autre des montagnes.
Fiables. Éternelles.
Lécher nos larmes respectives
Et rire de nos éclats de rire,
Rire de ce qui est drôle
Et même de ce qui ne l’est pas.
Accepter et accueillir,
plier ensemble au vent tyran ou bienfaisant.
Imagine le désir et la beauté des choses vraies.
Réunis. Un amour comme on les écrit.
Celui que tout le monde a espéré,
Un jour, en secret.
Imagine, on se retrouve chaque jour
Comme si on s’était perdu chaque nuit.
Jamais l’ennui.
Jamais la lassitude.
Jamais trop de certitudes.
Jamais les incertitudes
qui détruisent nos latitudes.
Jamais de poses, d’attitudes.
Juste le vrai. L’amour.
Martine Benz