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Urgence démographique et écologie bla-bla

L’écologie pessimiste et passéiste, opposée à toute évolution, pense le monde comme le rêvait Jean-Jacques Rousseau, un monde où le sauvage est naturellement bon et dépourvu de tout désir donc de tout besoin. Mais, sur la Terre de Rousseau, ils étaient 600 millions d’humains et les ressources paraissaient infinies.

À cette écologie-alibi, prônée par des sachants perclus de certitudes, j’oppose mon envie de savoir, de comprendre et mes doutes, car hors doute, il n’y a pas de progrès.

Aux ayatollahs de la décroissance, facteur aggravant d’inégalités, je veux proposer une écologie urbaine basée sur un avenir plus réaliste qu’idéologique, où le progrès sera le socle de notre avenir, donc de nos espoirs.

Le dérèglement climatique, en partie lié à l’activité humaine, auquel nous assistons, ne sera pas sans conséquences, au cours de ce siècle, sur l’Humanité et son avenir sur notre planète. La notion d’urgence climatique prend tout son sens mais ne peut-être dissociée de l’urgence démographique qui s’imposera à nous dans 30 ans. 

Ces deux urgences sont pourtant intimement liées. Plus nous serons, plus nous aurons de besoins, plus nous produirons de déchets et plus nos villes s’étaleront au détriment des espaces naturels.

Notre planète arrivera à saturation, même si jusqu’à ce jour, l’Homme a toujours su s’adapter.

Même si nous n’en sommes pas à l’abri, et l’actualité nous le démontre chaque jour, les régulateurs traditionnels de population, guerres, pandémies ou famines, sont autant de fléaux que le progrès a fait reculer. Parallèlement, l’espérance de vie s’allonge. 

Aussi, sauf à freiner notre courbe démographique, dans 30 ans, nous serons 10 à 12 milliards, là où nous n’étions que 3,5 milliards, il y a 30 ans.

70% de cette population se concentrera dans des villes de plus en plus grandes et de plus en plus denses. 

Les 50 plus grandes villes auront plus de 25 millions d’habitants avec des densités pouvant avoisiner les 10.000 habitants au km2 

12 milliards d’humains qu’il faudra loger, nourrir, qui auront besoin d’espace, de terre, d’air et d’eau, de nourritures, d’emplois et d’espérances.

La survie de notre espèce dépendra de notre capacité à imposer la préservation et la reconquête des océans, la sacralisation des forêts et des terres cultivables, la préservation de la biodiversité.

Hors contrôle des naissances, des pays dits « en voie de développement », tels l’Inde ou le Nigéria verront leurs populations exploser.

Les flux migratoires que nous connaissons, s’intensifieront au rythme des inégalités croissantes. 

Sauf à y remédier, ces flux ne concerneront plus une famille, un village ou un pays, mais un continent, voire un hémisphère. Nous n’en sommes qu’au début.

Pour répondre à cette explosion démographique, il faudra construire des villes de plus en plus denses, diversifier nos modes de productions, de consommations et nos apports énergétiques, réduire nos émissions carbonées, préserver nos ressources, gérer et limiter nos déchets, mais surtout apprendre à partager au nom d’une indispensable gestion planétaire globale.

Face à cette tâche immense, les Conférences pour la Planète et autres Cop sont de véritables gabegies écologiques qui tiennent plus de la réunion mondaine que d’une réelle volonté, 

Agiter les nattes d’une nouvelle gourou planétaire starisée ne produira que du vent, pas plus que les mots, les discours et les bonnes intentions.

Nous devons nous préparer à demain pour ne pas le subir, car ce que nous construisons aujourd’hui, participera à la ville de demain.

Cette ville de demain, pour ne pas dire d’aujourd’hui, sera verticale afin de limiter son étalement et les besoins en déplacements.

Construire plus haut permettra de préserver les sols, créer des espaces verts, planter des arbres, rendre la densité relative acceptable et réduire nos besoins énergétiques.

La maîtrise démographique et les enjeux écologiques sont essentiels. Ils sont indissociables et ne peuvent se limiter à des discours politiques, à de bonnes intentions et à des mesures alibis.

Le triptyque vélo-bio-rétro est une illusion, une bonne conscience, destinée à une frange de population nantie…. Je pédale et trie mes ordures pendant que trois pays produisent à eux seuls 50% des gaz à effets de serre dans l’indifférence générale.

PAYSCO2 en milliards de tonnes%Tonnes CO2 par habitant
MONDE32,84      100,04,37
CHINE9,2628,26,68
ETATS-UNIS4,7614,514,61
INDE2.166,62,10
ALLEMAGNE0,722,28,70
FRANCE0,310,94,56

Source : Agence mondiale de l’énergie 2017

La décroissance n’est une hérésie acceptable que pour des nantis pourvus de superflu, pas pour ceux à qui manquent déjà l’essentiel et qui subissent l’indigence alimentaire et énergétique.

12 milliards d’Hommes n’accèderont pas à une nourriture bio.

12 milliards d’Hommes n’habiteront pas des « oasis de verdures».

Pour les privilégiés qui y auront accès, l’essentiel sera de préserver leur bien être. 

L’écologie urbaine doit aller au-delà de ces égoïsmes et permettre à 12 milliards d’Hommes de vivre le mieux possible, ensemble, dans le respect de chacun et de notre planète.

Elle imposera des règles acceptées par tous parce que raisonnables et nécessaires.

Demain ne pourra être un remake de Soleil Vert ou un avenir au rabais. Nous devons prendre en compte la réalité à venir pour préparer une société la plus équitable et la plus humaine possible, mais avec beaucoup plus d’habitants. 

Ni notre planète, ni l’humanité ne sont éternelles, mais faisons en sorte qu’elles durent le plus longtemps possible et que l’on puisse y vivre le mieux possible.

Quant à moi, je crois en l’Humanité, en son intelligence et à sa capacité d’adaptation, je crois en ce demain que je ne connaîtrai pas, mais qu’on se doit de préparer car c’est le monde que nous lèguerons à nos enfants.

Jean-Marie KUTNER

Ancien maire de Schiltigheim

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