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A COR et à cris 

Si on se fie au Gouvernement, la réforme des retraites est urgentissime sous peine d’effondrement du système. Il semble pourtant qu’il ait des problèmes de vue, à moins qu’il ne s’agisse de problèmes de compréhension puisqu’il n’a pas l’air de vouloir tenir compte des travaux du COR (Conseil d’Orientation des Retraites) qui démontre dans son rapport annuel que le système de retraite se porte plutôt bien.

La cagnotte constituée ces deux dernières années (900 milliards d’euros en 2021 et 3,2 milliards en 2022 tend à prouver que la meilleure des réformes c’est le plein emploi, ce qui invalide l’idée d’une « dynamique non contrôlée des dépenses de retraite ». A noter également que les réserves du système de retraite ont été reconstituées à hauteur de 256 milliards (plus de 9,5 % du PIB).

Par conséquent – et sous réserve de la preuve du contraire – les déficits annoncés ne devraient représenter qu’une part infime du PIB, en sachant que le COR table sur un régime excédentaire dès le milieu des années 2030.

L’effort des assurés sociaux pour maintenir le régime se traduit aujourd’hui par un âge de départ à la retraite de 62,9 ans qui atteindra 63,7 ans dans quinze ans. Or, les travaux du COR ont démontré que tout recul de l’âge de départ en retraite aurait pour effet immédiat :

– de maintenir les plus précaires dans une situation de vie indigne,

– d’accroître les dépenses du système de santé,

– d’augmenter le nombre de seniors au chômage et pour plus longtemps, avec une fin de carrière encore plus précaire aggravée par la mise en place de la réforme de l’Assurance chômage prévue par le gouvernement.

Il semblerait donc qu’il ne soit pas trop urgent de se précipiter pour engager les réformes, même si elles sont nécessaires. 

Quand on a le temps de réfléchir, il faut le prendre, ce que ne fait pas le Gouvernement. Pressés d’entretenir les peurs et les angoisses d’une population somme toute docile, les gouvernants sont prêts à se ridiculiser comme, par exemple, un président de la République portant un col roulé sous une veste en laine avec une température de 20 degrés. Il en va de même pour les retraites à propos desquelles on exacerbe, à dessein, les risques d’une fin de vie dans la misère et le dénuement.

Il faut tout de même leur reconnaître une qualité : la constance… à nous prendre pour des billes.

OT

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