Chronique d’un désastre annoncé

Par l’alignement total de l’Europe sur les sanctions américaines vis-à-vis de la Russie, l’ Europe se condamne à dégrader durablement le niveau de vie de ses populations.

Un moindre achat de pétrole russe fait monter le prix d’acquisition du pétrole venant des Etats Unis, du Qatar, et de l’ Arabie Saoudite.

Un moindre achat de gaz russe met à plat nos industries ( surtout allemandes), nos habitats, et provoque une hausse des prix du gaz que nous devrons payer, après avoir fait d’ énormes investissements en méthaniers, en usines de transformation du gaz liquéfié en gaz transportable dans les gazoducs, et en nouveaux gazoducs.

Un moindre achat de métaux, d’aluminium, de lithium, d’engrais, de terres rares, fera flamber nos coûts d’approvisionnement de ces matériaux.

Un moindre approvisionnement de céréales ukrainiennes et russes fera flamber le cours des céréales dès cette année.

Enfin, le fait de payer ces énergies en dollars, et non en euros, alors que le dollar se raffermit par rapport à l’euro, se traduira également par un coût exorbitant.

Nos responsables politiques, tant français qu’européens, sous- estiment l’impact de ces  » chocs » énergétiques et alimentaires, qui se propageront dans tous les pays, notamment dans les pays émergents.

Alors que nous ne sommes pas en guerre avec la Russie, le fait de fournir abondamment l’Ukraine en armement, en monnaie, en marchandises, nous met de facto sur la liste des pays  » belligérants » de la Russie.

l’Europe connaît  déjà des pénuries en matière alimentaire ou en métaux. Certains pays ressentent déjà des impacts en matière d’approvisionnement de nourriture. L’approvisionnement en énergie se fera sentir directement, et rapidement en Europe.

Notre balance des paiements, déjà fortement déficitaire, se tendra, et rendra impossible le rétablissement de nos comptes, alors que la BCE risque de remonter ses taux de refinancement, rendant la charge de remboursement de la dette ( de la France en particulier) encore plus difficile.

Ces nouvelles tensions financières accentueront la dégradation de la solvabilité de nos pays.

Dans tous les cas, la capacité de production de l’ Europe est compromise pour quelques années. Certains pays feront défaut, ou exigeront de restructurer leurs dettes, comme l’avait fait la Grèce il y a 10 ans.

Exporter moins, produire moins, payer l’énergie de plus en plus cher, conduira inévitablement à une diminution générale du niveau de vie des populations, notamment françaises.

A défaut de réfléchir aux véritables intérêts de la France et de l’ Europe, nos dirigeants , qui font le jeu des Etats Unis, prennent le risque de mettre nos pays à feu et à sang.

Chanoine

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