Pourquoi pas ?

Après ces législatives, « la France sera ingouvernable », ce sera «le chaos », c’est déjà « un séisme !»

On a connu séisme plus secouant.

Les seuls à ressentir un chaos sont ceux qui l’ont créé et dont les courants d’air intracrâniens se sont transformés en tornades, parce qu’ils n’avaient pas prévu, ils n’avaient rien vu venir. Jusqu’ici, les seules choses qui ont été bousculées sont leurs certitudes, leur suffisance, leurs dénis. 

Ils pensaient pouvoir poursuivre tranquillement leur marche suicidaire vers un monde meilleur pour… eux. Il leur faut désormais tenir compte de la populace, qu’elle soit de droite ou de gauche, car cette élection a montré qu’il y avait encore un Peuple, encore une gauche et encore une droite.

La politique ne peut se réduire à la conservation de prés-carrés que l’on se partage au gré des alternances qui n’étaient plus, depuis quarante ans, que le ravalement d’une même façade.

On sait d’ores et déjà que dans l’hémicycle ce sera le foutoir, que l’on entendra tout et son contraire (comme d’habitude, du reste), que les excès le disputeront aux approximations, que les ricanements succéderont aux hurlements. Quoi qu’il en soit, la sieste sera moins aisée.

On peut voir le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein. On peut passer les prochaines années prostré en se désolant du spectacle qu’on ne manquera pas de nous offrir ; mais on peut aussi se dire que c’est peut-être une chance unique de voir les gens s’intéresser à nouveau à la politique, ce qui ne serait pas rien.

L’ Assemblée redeviendra ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un lieu de débats par excellence. Pour l’excellence des débats, on verra plus tard. Cette recomposition de la représentation nationale aura aussi le mérite, osons l’espérer, de montrer les forces politiques telles qu’elles sont.

On verra ce que vaut une alliance de circonstance par rapport aux forces non coalisées. On pourra mesurer le degré de soumission du P.S. aux diktats LFI, on mesurera la capacité des écolos, qui n’arrivent pas à s’entendre entre eux, à collaborer avec les autres dans la NUPES, on verra ce qu’il reste dans le pantalon des derniers LR, on discernera peut-être, parmi les élus LaRem, ceux qui oseront enfin avoir des idées et les exprimer, voire contredire le Gouvernement.

On saura si oui ou non le Premier ministre a encore son utilité à côté d’un Président tout puissant; on en profitera aussi pour vérifier si un régime semi-présidentiel est encore adapté à notre pays.

On peut même espérer que le Parlement saisira l’occasion pour rappeler à la Justice que c’est lui qui fait la Loi qu’elle est censée appliquer et non l’inverse.

Dans ce qui pourrait être un retour aux sources de la vie démocratique, on verra peut-être se former le creuset  d’un avenir séduisant, qui redonnerait envie à la jeunesse de notre pays de s’y projeter. 

Allez savoir…

OT

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