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Candidature Zemmour : à qui profite le crime ?

S’il n’y avait eu la mort de Bernard Tapie, qu’il repose en paix, les chaines d’information en continu auraient continué à déverser heure après heure des propos, commentaires et pseudo-analyses sur la candidature du polémiste, journaliste de son état, sur les dissensions à Droite et sur l’attraction de ce monsieur pour l’électorat de Droite et d’extrême droite. La Covid et ses cohortes de spécialistes qui ne savent pas grand-chose au bout du compte ont disparu des plateaux télé. Le phénomène Zemmour serait-il le nouveau variant Z de cette pandémie, et avec lui les spécialistes du variant delta ont-ils muté eux aussi ?

Zemmour : un sésame pour générer des audiences

A croire que les journalistes de ces médias sont ravis de la candidature d’un des leurs ! Il est vrai que Z attire incontestablement l’audimat, bien plus qu’Arnaud Montebourg et Anne Hidalgo réunis. Un match Zemmour-Mélenchon ou Onfray fait une meilleure audience, et donc des meilleures rentrées publicitaires, qu’un débat Pécresse-Darmanin. Ce n’est pas PSG-OL ou OM mais pas loin ! L’audience appelant l’audience, parler de Zemmour, lui donner l’antenne, quitte à « bassiner » les Français, assure à ses chaines un bon chiffre d’affaires, et font exploser les recettes de ventes de son livre. Sans parler de la tentation de certains d’imiter FoxNews et de créer un effet Trump !

Macron grand gagnant de l’entrée en liste de Zemmour

Ces chaines ne sont pas les seules gagnantes. Quand on examine les sondages, le seul grand candidat à ne pas pâtir de l’effet Z est le candidat Macron. Le Pen sombre, Xavier Bertrand stagne encore, mais Macron ne faiblit pas. Cela rappelle aux plus anciens la stratégie machiavélique de François Mitterrand qui aida le FN, parti construit à partir d’anciens pétainistes, négationnistes et autres « bons français », un parti qui végétait autour de 1%. Seuls, la gauche et François Mitterrand ne pouvaient gagner, le Centre et la Droite étant majoritaires en France, comme aujourd’hui. En poussant habilement le FN, tout en le diabolisant, Mitterrand créait les conditions de dissensions à Droite et attrapait du même coup dans son escarcelle une partie du Centre. En même temps, déjà, il aidait le FN à se faire entendre des Français et il insistait sur son « infréquentabilité ». Souvenons-nous du match Le Pen-Tapie et des gants de boxe posés sur le plateau, un audimat digne d’une coupe du monde. A croire que d’autres, plus jeunes, ont bien retenu la leçon.

Des similitudes mais rien de plus

L’histoire cependant ne se répète pas, même si elle peut balbutier souvent. Lorsque la Droite et le Centre se seront mis ensemble, enfin, derrière Xavier Bertrand, seul candidat suffisamment rassembleur à présent pour l’emporter, les médias cesseront de parler de supposées divisions et de la Droite la plus bête du monde ; ils lui permettront de développer son programme bâti autour de trois piliers, la Sécurité, les Territoires et le Travail, exactement ce qui préoccupe les Français, le pouvoir vivre avant le pouvoir d’achat, et il dépassera alors la barre des 20%. Après tout Fillon, malgré tous ses boulets, avait bien obtenu ce score en 2017 non pas dans les sondages mais au premier tour de la présidentielle. Dans le même temps, à Gauche, Montebourg et Hidalgo finiront bien par s’entendre également, et une partie de l’électorat de Gauche, aujourd’hui séduit par défaut par Macron, se tournera à nouveau vers le PS, et les médias s’intéresseront aussi à eux. Z aura toujours son pouvoir de nuisance, il mutera, sera moins nocif pour la République, et ne s’attaquera qu’au RN uniquement alors. Les médias, comme les Français, passeront à autre chose.

Vivement demain !

Patrick Pilcer (Opinion internationale)

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